• Poésie au passage 98...

    ça va chauffer

     

    c'est un matin de givre comme on en voit à la campagne

    avec des herbes avec la terre avec le ciel avec l'espace

    le soleil est ce chalumeau qui fait fondre les cauchemars

    ce n'est qu'un mois d'hiver regardé à travers le carreau

     

    il y avait foule à la soupe populaire

    bientôt dix neuf heures aux heures européennes

    des mois d'hiver des mois de nuit

    ici tous les loups sont gris

    kyrielle de lampadaires enseignes lumineuses zones industrielles klaxons interdits

    à la soupe populaire les yeux baissés les bouches closes

    les orteils se replient

     

    des ombres cachent leurs cravates

    dans les toilettes

    des ombres cachent leurs chaussures

    qui prennent l'eau

    des ombres ont laissé les parfums

    pour ne pas faire tache

    des ombres ravalent leur poésie

    à s'en mordre les doigts

    des ombres aux ongles écaillés

    serrent les poings

    des ombres ont perdu leurs menstrues

    sous les chocs

    des ombres ont une croûte de sueur

    pour carapace

    des ombres apprennent à disparaître

    aux regards

    des ombres ne franchissent plus

    le mur du son

    des ombres s'acheminent

    vers la louchée de survie

     

    l'annonce est brutale le train est immobilisé sur la voie

    il y a des conciliabules dans le brouillard cherchant la cause du déraillage

    avez vous entendu ce bruit sourd c'était mate un échec peut être

    c'est une blague ou quoi il faut bien en penser quelque chose

    pas possible d'en rester là j'ai bien quelques images

    si ça dure ça va être dur c'est fou ce qu'on peut rire d'un rien

    pas moyen d'appeler ça passe plus

    condamnés à bien s'entendre si on veut voir le bout du tunnel

    dans l'actualité il paraît que l'homme est un loup pour l'homme

    y a la première et la deuxième depuis toujours

    la lutte des classes y a que ça de vrai mon bon ma dame

    un peu de bordel ne nuirait pas à la chienlit

    c'est vrai qu'il y aurait de quoi être grossier

    on s'est croisé sur ce parcours

    ouf c'est reparti ça fait peur tout de même

    on se revoit demain

     

    c'est un matin de givre comme on en voit à la campagne

    avec des herbes avec la terre avec le ciel avec l'espace

    le soleil est ce lance flammes qui rappelle les cauchemars

    ce n'est qu'un mois d'hiver regardé sur un écran

     

    andrée wizem

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