•  

    Emission A l'improviste avec La Marmite infernale de l'ARFI, et Charles Pennequin, poète performer. Concert enregistré en public au studio 106 le 13 novembre 2017 à Radio France et diffusée sur France Musique le 21 décembre 2017


    votre commentaire
  • 23 décembre 2012

    ................................................

     

    le blanc en éclats

    pousse tortueuse des pins

    découpage de nuit

     

    les aiguilles rousses une à une

    ce n'est pas la fin du monde

     

    ................................................

    ................................................

    23 décembre 2013

     

    néanmoins spirituel

     

    les limbes au gré du vent

    ajustent leurs fermetures éclair

     

    imperméabilité

     

    glissent tant de nuages

    sur nos rémiges et nos duvets

     

    in fine chute des ongles

    des côtes de mailles

     

    la nudité affiche

    le pourpre et l'or en paillettes

     

    au bas des murs

    nos dépôts de silences

     

    voir carnet "d'outre paysages"...clic...

     

    ................................................

    ................................................

    23 décembre 2014

     

     

    Poésie au passage 344...

    folklore

     

    voyez

    un cygne noir devient un oiseau bleu

    une eau croupie retourne aux torrents clairs

    la grisaille des rues prend feux de paradis

     voyez

    le coeur de la ville bat aux chansons immigrées

    les douleurs des tanneurs courent sous les pavés

    les piqueuses aux machines réveillent nos tympans

    les langues étrangères ont tressé des fontaines

     voyez

    l'espace porte l'ombre de nos places aux soleils

    qui ne veut se résoudre aux sombres réalités

    peut adopter la vie qui vole à tire d'ailes

     

    andrée wizem

     

    Retour à Carnet "entrepôt des rêves"...clic...

     

    ................................................

    ................................................

    23 décembre 2015

     

    ce qui s'écrit

     

    ce qui se trame

    ce qui se trouve

    ce qui se grise

    ce qui se grave

    ce qui se mire

    ce qui se marre

    ce qui se meurt

    ce qui se vire

    ce qui s'écrit

    n'est pas écrit

    ce qui s'arque boute s'affranchit s'escalade se dépasse se répand se prolonge se démarque se débusque se catapulte

    se détrousse se défripe se réveille se ravive se renoue se relance se réactive se réajuste se reconquiert se retrouve

    ce qui se rêve

    ce qui se rive

    ce qui se donne

    ce qui se prend

    ce qui se voile

    ce qui se plie

    ce qui s'étire

    ce qui s'éclaire

    ce qui s'écrit

    n'est pas écrit

    ce qui s'arque boute s'affranchit s'escalade se dépasse se répand se prolonge se démarque se débusque se catapulte

    se détrousse se défripe se réveille se ravive se renoue se relance se réactive se réajuste se reconquiert se retrouve

    ce qui s'élance

    ce qui s'étale

    ce qui se noie

    ce qui surnage

    ce qui s'écrit

    n'est pas écrit

    ce qui s'arque boute s'affranchit s'escalade se dépasse se répand se prolonge se démarque se débusque se catapulte

    se détrousse se défripe se réveille se ravive se renoue se relance se réactive se réajuste se reconquiert se retrouve

    ce qui grisaille

    ce qui vert de gris

    ce qui reverdit

    ce qui refleurit

    ce qui pleure

    ce qui empire

    ce qui s'épreuve

    ce qui s'éprouve

    ce qui cisaille

    ce qui charcute

    ce qui tronque

    ce qui trinque

    ce qui s'arque boute s'affranchit s'escalade se dépasse se répand se prolonge se démarque se débusque se catapulte

    se détrousse se défripe se réveille se ravive se renoue se relance se réactive se réajuste se reconquiert se retrouve

    ce qui s'écrit

    n'est pas écrit

     

    andrée wizem

     

    Retour à Carnet "entrepôt des rêves"...clic...

     

    ................................................

    ................................................

    22 décembre 2016

     

    ................................

     

    nina simone "four women"

     

    ................................

     

    Lisa Simone, Dianne Reeves, Lizz Wright, Angélique Kidjo: "Four Women"

     

    ................................

    Nina Simone "Four women"...

    a.w.

    ................................

    Je voulais simplement dire

    Mon peuple
    Mienne aussi et mienne surtout
    Cette foule, cette masse
    Autour du cousin Mogoba
    Et sur tous les visages la même anxiété douloureuse
    Mienne, cette femme, là - bas, au fond de la cour;
    Elle frotte de ses mains le dos de la marmite sale
    Et ses mains ont l'écaille du dos de la marmite
    On la hèle, on lui apprend qu'à la ville
    Son fils est élu député
    Elle dit : Dépité?
    Et s'en réjouit si peu que mon coeur se glace...
    Je voulais simplement dire
    Mon peuple
    Miens tous ces regards a-vides

    ( autour du cousin Mogoba - Bernadette Sanou (Parturition, p. 24.)

     

    ................................................

    ................................................

     

    andrée wizem


    votre commentaire
  • bannières et mots dits

    (assemblage de textes)

     

     oiseaux noirs de nuit

    vos plumes étriquées

    battues à plate couture

    bande de choucas

    l'empreinte de vos becs

    des couacs en vrac

    rumeurs de corbeaux

    coups de vos cisailles

    dépeçage nocturne

    nuées volatiles

    abattant les scellés

    cris onomatopées

     lettres déchiquetées

    labour des ergots

    poésie en éclats

    seigneur les signes

    seigneur et tous les saints

    seigneur ça saigne

     

     des mots qui sonnent faux

    lames fracassant les archets

    violoncelles en naufrage

    des mots comme bris de verre

    coups de hachoir à vif

    violons qui s'écartèlent

    des mots comme écussons

    navires d'âmes guerrières

    éclairs déchirant l'eau

    des mots qui vocifèrent

    faisant taire la musique

    sur le radeau flottant

    des mots en étendard

    pourfendant les guitares

    cacophonie terrestre

    des mots qui me cisaillent

    qui me jettent à la mer

    avec tous mes sanglots

     

    des mots à mes oreilles

    sons têtus enroulés

    minuscules trouvailles

    des mots chants de sirènes

    images de mirages

    berçeuses d'illusions

    des mots reçus par vagues

    comme bouteilles à la mer

    dans l'océan du temps

     des mots chair d'un poème

    écrit au coeur des phares

    mémoire des corps vivants

    mots faisant taire la tempête

    assoupie sous vos mains

    au gué de mon vaisseau

     

    andrée wizem

     

    Textes anciens repêchés (relecture à partir de 2006)...clic...

     

     

     


    votre commentaire
  • pivoines

    andrée wizem


    votre commentaire
  • news

    feu mon écran
    aux lignes rondes
    un monde à recycler

    à ma nouvelle fenêtre
    l'écriture plus nette

    des images du monde
    sans coups de feu
    pas sûr

    Poésie au passage...Janvier 2016...

     gun

    crimes de guerre
    la moutarde me monte au nez
    le gaz moutarde c'est hard
    ça gazait dur dans les tranchées
    ça gaze pas fort à gaza
      l'artillerie c'est du lourd

    crimes de guerre
    escrime toi à dénoncer
    crie les crimes des guerriers
    les guerres hier et ailleurs
    les crimes de guerre en crimée
    s'écrivent à l'heure qu'il est

    crimes de guerre
    crient aux fous font la guerre
    le four brûlant au darfour
    la paix a un coeur de pierre
      crépite du feu de dieu à terre
     guerre avec ses artifices

    crimes de guerre
    la guerre sans les crimes
    ne serait pas la guerre
    les crimes sans la guerre
    ne seraient pas la paix
    la guerre c'est la guerre

    crimes de guerre
    la moutarde me monte au nez
    ça gaze fort dur ici ou là
    on rase pas gratis ça coûte cher
    le tribunal dira c'est pas du jeu
      y a des règles de bonne guerre

    crimes de guerre
    les murs délabrés en poussière
      la terre brûlée pour avenir
    les promoteurs se frottent les mains
    l'industrie de guerre fait vivre
     les desseins sombres du genre humain

    crimes de guerre
    terres sans noms dévastées
    vent incendiaire déracinant les arbres
    lamentations au milieu des friches
    la peur me fait tout petit
    prends ma main avec coeur

    Poésie au passage...Janvier 2016...

    silence on tourne

    tu tairas les bombes
    qui tombent sur les têtes
    tu ignoreras d'où elles viennent
    tu n'en verras que l'absurdité
    tu oublieras l'histoire
    ne sachant prendre parti
    tu perdras les espoirs
    murmurés dans la fureur
    tu cesseras de croire
    aux lendemains qui chantent
    tu voudras supporter
    l'absence de réponses

    tu accueilleras le hasard
    avant qu'il ne s'enfuit

    tu chanteras l'étendue
    du désastre avec coeur
    tu mimeras les mots
    pour tenter de traduire
    tu tourneras en rond
    sur les places de mai
    tu témoigneras du silence
    de l'existence humaine
    tu ne sauras pas dire
    les bombes sur d'autres têtes
    tu trouveras des poètes
    hurlant à tes côtés

    Poésie au passage...Janvier 2016...

    censuré

    parfois
    les images de rêve
    ont l'art
    de la subversion

    quand la réalité
    se fait de plomb

    Poésie au passage...Janvier 2016...

    que le  monde s'écroule

    dans la fulgurance des éclats
    l'épée du feu ne les atteint pas
    elles ont fermé leurs oreilles
    et tressent leurs cheveux

    terrées sous la fournaise
    le vent brûlant ne les atteint pas
    elles ont fermé leurs yeux
    et tressent leurs cheveux

    déluge incandescent de laves
    la coulée du volcan ne les atteint pas
    elles ont courbé la tête
    et tressent leurs cheveux

    irruption de tonnerre et d'éclairs
    le magma pétrifiant ne les atteint pas
    elles vivent du bout des doigts
    et tressent leurs cheveux

    ghettos et abris de survie
    le jour en feu ne les atteint pas
    elles veillent sur leurs coeurs
    et tressent leurs cheveux

    soubresauts incendiaires du monde
    la vague de braise ne les atteint pas
    leurs voix sont un silence
    elles tressent leurs cheveux

    Poésie au passage...Janvier 2016...

      disque d'or

     

    un lever de soleil

    sur un jour de givre

     

    les terres de labour colorées de chaume

    la brume tombant d'un croissant de lune

     

    une musique frappe au tympan

    te bousculant à l'épaule

     

    un temps de lumière

    sur des bouquets de pensées

     

    le silence dans l'attente

    des premières paroles

     

    la ville dans son nuage

    la buée issue des bouches

     

    les heures de guerre

    le couvre feu la chape de plomb

     

    quelques mauvaises herbes

    à déterrer sous le cadran solaire

     

    les syllabes du peu

    trainant les pieds

     

    la cymbale de cuivre

    mailloche à la main

    Poésie au passage...Janvier 2016...

    fruitier

     

    combien d'heures à creuser

    de la lame aiguisée à la meule

    le coeur des pommes aigres douces

    habitées par les métamorphoses sans ailes

    aveugles et torturées

    pour dans une compotée

    recueillir quelques éclats de chair

    indemne des pourrissements

    teintée encore des saisons de foin

    réduite enfin à cette marmelade  grumeleuse

    engloutie sans nom de dessert

    combien d'heures

    jusqu'à ce retour du marché avec

    dans le poids des cabas portés à bout de bras

    perdue dans l'emballage des foies de boeuf

    la golden planétaire

    condensé de baies rouges et de banane

    invention pour faire oublier

    les temps de guerre

    qui trôna sur la table un samedi

    énorme fruit de l'étrange

    coupé en tranches fines et transparentes

    et dégusté avec la distinction qui sied

    aux gens de bien dans l'oubli

    des temps de peu

    Poésie au passage...Janvier 2016...

    printemps des poètes

     

    au temps de l'hellébore

    ouvrant ses trois corolles

    sous l'averse de grêle

    vrai de vrai

    on tue de plein pied

    homme femme et enfant

    de l'autre côté de la mer

     

    au temps des tourterelles

    rassemblées comme jamais

    picorant mon jardin

    vrai de vrai

    on tue de sang froid

    deux ou trois jeunes femmes

    de ce côté de la mer

     

    au temps des premières primevères

    sonores comme des pinsons

    en cette fin d'hiver

    vrai de vrai

    on s'exerce au tir de flash ball

    pour effrayer en choeur

    un beau matin sur terre

     

    au temps des zenitudes ambiantes

    des hellébores des tourterelles

    de la primavera

    vrai de vrai

    les aspirants à la parole

    continuent de tomber

    comme des mouches

     

    au temps des petits coeurs en kit

    de l'amour en promotion

    du don à crédit

    vrai de vrai

    des corps de chair et d'os

    tout autour de la mer

    font boum

     

    au temps des fleurs et des fusils

    les poètes avec leurs mots

    font piètres figures

    vrai de vrai

    parler de paix en temps de guerre

    langue fleurie langue acérée

    la mer reste salée

    Poésie au passage...Janvier 2016...

    quizz

     

    il me reste une image

    comme un clou

     

    figurez vous

    la scène

     

    le saltimbanque en appelle à la foule

     

    combien de morts à marignan

    dix doigts se lèvent

    et celui là comment est il mort

    pendu haut et court

    bravo vous êtes rapide

    comment ce poète archi connu a t il fini ses jours

    la question est pointue suicidé

    gagné

    entre ces murs combien ont fini par mourir de soif

    mille vous n'y êtes pas

    cent mille vous brûlez

    combien ont péri dans des tranchées

    toutes les mains se lèvent

    chacun veut participer

     

    et le jeu se poursuit

    pour une liste des comptes macabres

    la mémoire en bandoulière

     

    le saltimbanque interroge

    qui veut aider à tourner la roue de la belle installation mécanique

    (c'est une guillotine de théâtre)

    le saltimbanque feint la difficulté devant tant de fervente collaboration qui se manifeste

    enfin il y a un élu

    le public est dans l'expectative jubilatoire du happy end

     

    sous l'échafaud le cobaye est installé

    c'est un petit ours en peluche

    des cris font mine de s'insurger oh non pas ça

     

    tout de même la foule est partagée

     

    mais le plus grand nombre s'étrangle de rires

    puis file vers un prochain spectacle

    pressé d'enchaîner autre chose

     Poésie au passage...Janvier 2016...

    si c'était une femme

     

     

    dans la boue

    dans les abords confus d'un village d'une ville

    dans la boue à ras bord l'image d'un visage

    peut être une épave éperdue échouée

    peut être des voiles engluées de goémons figés

    peut être des algues brunes cloquées de chien mouillé

    dans la boue à ras bord l'image d'un visage

    une épave efflanquée duvets embroussaillés

    dans les abords des villages des villes

    des joues creusées aux yeux écarquillés

    regard démesuré par les nuits les plus sombres

    peut être une épave attendant la marée

    peut être des voiles échevelées aux relents de voyages

    peut être la vision embuée d'un visage envoilé

     

    et si c'était un homme

     

    dans le couloir sans fin

    dans le labyrinthe de vies d'errance et de houle

    dans l'uppercut au plexus et l'estomac noué

    peut être le fatras des battues acharnées

    peut être le choc et mat des linges emmêlés

    peut être des montagnes de blanc aux froidures cliniques

    dans le couloir sans fin les chariots de la vie

    brinquebalante et percluse de sonneries dingues

    dans le labyrinthe éreinté des errances échouées

    un long bras tendu et sa main effilée

    la veine boursouflée à suivre comme un sentier

    peut être une route avec ses pieds nus

    peut être le reste des épaules pour un sac d'habits

    peut être un corps entier sous le drap décharné

     

    et si c'était un homme

     

    dans la rue

    dans les abords d'une ville d'un pays

    dans la rue de murs qui s'écroulent au bord du monde

    peut être une ombre bleue

    peut être fantômes silencieux des silhouettes

    peut être le cliquetis curieux accompagnant la marche

    dans la rue aux abords d'une ville d'un pays d'un monde

    une ombre bleue sanglée de tissus à la taille

    une suite de perles ouvrant une encolure

    la grande main osseuse qui bat encore de l'aile

    peut être une ombre bleue masquant l'inespéré

    peut être le fantôme muet du bord du monde

    peut être une peau bleue immensité fiévreuse

     

    et si c'était un homme

    et si c'était une femme

    et si c'était un homme

    et si c'était une femme

     

    dans la vie

    aux frontières des années lumière

    dans la vie qui s'écoule et vient au bord du monde

    peut être une vie d'amante aimante et désarmante

    peut être une vie de déserts et de landes

    peut être une vie de trésors cachés

    dans la vie qui s'écoule et meurt au bord du monde

    un corps de chair et d'os marchant en mode infime

    et le subtil humain dessinant à foison les courbes d'un visage

    peut être l'inespéré surgi au bord du monde

    peut être le souffle audible des rencontres intimes

    peut être la vie enfiévrée aux frontières de la nuit

     

    et si c'était un homme

     



    andrée wizem
    .......................
    assemblage de textes
    écrits depuis
    le 09.01.09

    votre commentaire
  • carnet "suites musicales au cordel"

    en écho à flowhite et quelques unes de ses photographies...(à vous de les retrouver)...clic... 

     

    sonate au cordel 1 ...clic...

    nocturne au cordel 2 ...clic...

    bagatelles au cordel 3 ...clic...

    sérénade au cordel 4 ...clic...

    romancero au cordel 5 ...clic...

    barcarolle au cordel 6 ...clic...

    ostinato au cordel 7 ...clic...

    percussions au cordel 8 ...clic...

    syncopes au cordel 9 ...clic...

    andante au cordel 10 ...clic...

     

    clé de sol au cordel 11 ...clic...

     

     

    fin

     

     

     

     


    votre commentaire
  • .........................................

    les rêves en quenouilles
    sous les ponts file ma laine
    tissages de nuit

    .........................................

    andrée wizem


    votre commentaire
  • .....................................................

    zébrures de soleil

    la flopée des cytises tremblent

    en plongeant dans l'eau

     

    brise légère dévoilée

    aux verts criards d'un étang

    ......................................................

    andrée wizem

     

     


    votre commentaire
  • ...................................................

    à la sarbacane
    s'élancer dans l'univers
    graine de genêt

    ...................................................

    andrée wizem

    ............................

    c.f. photo de florence white

    http://flowhite.canalblog.com/pages/envers/35329498.html


    votre commentaire
  • 14

     

    silence

    la rue s'emplit de jupes de caracos de foulards de tuniques

    le tableau des couleurs est du genre impressionniste

    le regard plonge dans les interstices des peaux humides

    la chaleur monte en vapeur vibrante et en nappes floues

    la musique est baroque de composition contrastée truffée de doubles croches

    perdu entre les talons aiguilles et talons des bottines les escarpins cirés et sandales en lanières le lieu se brise comme le verre à la terrasse de la nuit

     

    silence

    les jeux d'eau ventilent leurs gouttelettes comme des panaches blancs

    les queues rousses s'évertuent en vols incisifs près des lampes solaires

    le puzzle des massifs s'organise dans le tournis d'une vision de toupie

    les groupes papillonnants déploient leurs conversations et butinent au gazon

    le contraste des ombres et des lumières plaque l'image dans une mise en scène au cordeau

    errant entre les cônes issus des fleurs étoilées les ailes des samares les cynorrhodons écarlates et les épis de roseaux le lieu se noie comme un nénuphar en hiver

     

    silence

    le printemps est un bleu outremer dans l'ombre des grands arbres

    l'oxygène grésille dans les branches comme un chant de criquets affairés dans les blés

    les pas craquent dans le foisonnement des chutes résineuses et les pignons brûlés

    les pommes de pin s'accrochent aux écailles de sequoïa et de cèdre et en perdent la tête

    le champêtre est dru dans le patchwork des camaïeux couturé de barrières de paille

    cherchant dans les terres d'amandes les rivières chlorophylles les sources astringuantes du thé la persistance de l'anis le lieu s'immerge comme un amphibien

     

    silence

    la colonne des insectes noirs poursuit sa quête de miellat

    l'ordonnancement des épines est un parcours de mathématiques sans résolution

    la foliole extrême a la verdeur de l'empreinte du doigt et la fragilité des limbes caduques

    l'imbroglio des pétales fauves s'ouvre en réceptacle de ciel changeant

    le ralenti se répète en une accélération étourdissante et troublante

    furetant dans les effluves et les subtilités les fraîcheurs églantines et la sauvagerie légère les douceurs de velours et l'élégance fruitée le lieu  penche comme rose sous la pluie

     

    silence

    la balançoire oscille entre le vent du nord et le vent du midi

    le terrain est creusé par les frottements des semelles freinant le mouvement

    les fleurs des saxiphrages des montagnes ont des noms compliqués difficiles à saisir

    le pourpre a des nuances claires ou sombres passant par chair rosée ou blanc de crème

    l'irruption florale est sur le mode aléatoire et reste parfois forclose

    plongeant d'un mystère à un autre  tout au long des hampes gringalettes poussées au coeur des feuilles auréolées le lieu se marbre de teintes cinéraires

     

    silence

    les lettres manuscrites sur papier jaune poussin divaguent sur le foin

    les oisillons nus tombent des nids dans l'indifférence des gens de ferme

    les canards ont couleurs de paon de toison mouchetée ou de terres d'automne

    les scènes aquatiques fourragent dans des nécessités impérieuses multipliant les ondes

    les plumes du geai ont des zébrures fantaisistes des teintes éméraude et des éclats d'acier

    nichant dans les fenaisons les bosquets les roselières les iris les étangs les mares le lieu se cherche comme une aiguille de brodeuse

     

    silence

    la ville a ses quartiers exotiques et ses marchés des quatre saisons

    les côtes passantes grimpent sur les buttes où des jardins surplombent des fleuves

    les eaux serpentines glissent entre les berges tapies sous les frondaisons frémissantes

    les nuages exubérants se suspendent aux collines de mimosa où affleurent les escaliers de pierre

    la rumeur des arrivées au port et des épopées lointaines est ponctuée de klaxons

    percevant les senteurs marines les langueurs d'océan les caresses des algues les picotis de sable la puissance de l'iode le lieu se ferme comme un bulot

     

     

     

    (que faire des silences

    sinon tenter de les mettre en musique)

     


    votre commentaire