• gens de mer

     

    tourner le dos à son image

    sans jamais la quitter des yeux

     

    entre toi et toi

    il y a ce point d'horizon où plonge l'hameçon

     la ligne s'arcboute et bande ton esprit

    ta bouche livre son lot de poissons presque morts

     

    dans ton sillage

    appelant aux figures de proue

    l'image frétille

     

    les retours de pêche sont aussi longs que les nuits sont profondes

    les gens de mer n'aiment pas rentrer les mains vides

    tes mots sont repris par la vague

    inlassablement

     

     

    © andrée wizem

    08.02.2014

    c.f. gens de mer dialogue avec Crédit Photo © FW . Abdellatif Laâbi. Lecture. Festival Pliant 2013

     

    (voir plus loin...http://chezlespoetes.canalblog.com/archives/2014/02/15/29220886.html...clic...)

     


    votre commentaire
  • nadia vadori Gauthier

    http://www.uneminutededanseparjour.com/


    votre commentaire
  • le bestiaire et l'abstentionniste 

    (des années sarko à aujourd'hui)


    sa tronche j peux pas
    la voir en peinture
    ni en audio virtuel
    ni même en morse
    surtout pas en chair
    en os en télévisuel
    elle m débecte m fait gerber
    chaque fois q j la vois
    je m rentre en dedans
    tellement ça m pulvérise
    je vois sa tronche en biais
    celle qui goguenarde
    qui me regarde de haut
    l air de pas y toucher
    en plus c est de travers
    q il me défigure
    avec sa tronche fringuée
    il piétine à pas de loup
    comme les marcassins
    prêt à déboulonner
    l'humanité qui passe
    je le vois bien venir
    avec ses gestes courts
    et ses dents aiguisées
    c est q il vous mordrait
    avec sa tronche en biais
    c est
    un animal
    aboyant
    non identifié
    il est l spécialiste
    des embuscades
    des coups fumants
    des paroles assassines
    chaque fois q il s ramène
    dans mon paysage
    j entends les bottes
    qui s'avancent  à grands pas
    faut pas chercher longtemps
    pour deviner de quel métal
    il aime nous chauffer
    sa tronche j peux vraiment pas
    la voir en peinture
    ni en audio virtuel
    ni même en morse
    surtout pas en chair
    en os en télévisuel
    elle m débecte m fait gerber
    chaque fois q j la vois
    j me rentre en dedans
    tellement que ça m déjante
    j fais mille fois l tour des problèmes
    j me repasse la bobine
    pour tenter d repérer dans la toile
    les noeuds qui nous ligotent
    c est q je n suis pas seule
    à gerber dans mon coin
    le hic plus ultra est bien là
    faudrait q j fasse face
    que je crache mes noyaux
    que j balance mes maux
    q avec
    ma tronche
    de gueuse
    bien identifiée
    j leur envoie la sono
    dans toutes les langues
    même en vernaculaires
    moi aussi je suis fauve
    un peu dénaturée
    pour l'instant je rumine
    j'ai oublié de mordre
    faut q j m abreuve aux sources
    pour raviver mon sang
    je vous le dis tout d suite
    je bouillonne en silence
    je déborde à grand feu
    et je n mettrai pas d'eau
    dans mon vin ni dans l'encre
    je vais tailler dans l vif
    pas faire de la dentelle
    pour pas crever de rage

    je vais tailler la route
    histoire d gagner du temps
    d faire marcher le turbin
    à déjouer les arnaques
    à rassembler les foules
    sur autre chose que la peur

     

    andrée wizem

    (texte qui date de 2005 ou 2006...je ne sais plus...une histoire qui dure malheureusement...)

     


    2 commentaires
  • .............................................................................................

    c'est un cauchemar

    non c'est la réalité

    détrompons nous vite

     

    au beau royaume des autruches

    les dictatures fleuriront

    .............................................................................................

    andrée wizem

     


    votre commentaire
  • Poésie au passage 320...

    quizz

     

    il me reste une image

    comme un clou

     

    figurez vous

    la scène

     

    le saltimbanque en appelle à la foule

     

    combien de morts à marignan

    dix doigts se lèvent

    et celui là comment est il mort

    pendu haut et court

    bravo vous êtes rapide

    comment ce poète archi connu a t il fini ses jours

    la question est pointue suicidé

    gagné

    entre ces murs combien ont fini par mourir de soif

    mille vous n'y êtes pas

    cent mille vous brûlez

    combien ont péri dans des tranchées

    toutes les mains se lèvent

    chacun veut participer

     

    et le jeu se poursuit

    pour une liste des comptes macabres

    la mémoire en bandoulière

     

    le saltimbanque interroge

    qui veut aider à tourner la roue de la belle installation mécanique

    (c'est une guillotine de théâtre)

    le saltimbanque feint la difficulté devant tant de fervente collaboration qui se manifeste

    enfin il y a un élu

    le public est dans l'expectative jubilatoire du happy end

     

    sous l'échafaud le cobaye est installé

    c'est un petit ours en peluche

    des cris font mine de s'insurger oh non pas ça

     

    tout de même la foule est partagée

     

    mais le plus grand nombre s'étrangle de rires

    puis file vers un prochain spectacle

    pressé d'enchaîner autre chose

     

    andrée wizem

    (déjà publié le14.08.2014)

     

    Retour à Carnet "entrepôt des rêves"...clic...


    votre commentaire
  • Poésie au passage 195...

    petite initiation et grandes boucles

     

    croiser les deux lacets

     

    pousser de la main droite

    sous la montagne pointue

     

    tirer fort de chaque côté

     

    faire une oreille de lapin

    de la main gauche

     

    avec le lacet droit

    en passant devant le nombril

    tourner autour de l'oreille de lapin

     

    de l'index droit

    pousser sous cette ceinture

     

    dans le même temps

    entre les pouce et index gauche

    tirer sur la deuxième oreille qui apparaît

     

    des deux mains mais en douceur

    étirer les deux ailes de papillon

     

    andrée wizem

    Retour à Carnet "entrepôt des rêves"...clic...


    5 commentaires
  • emballement poétique

    a.w.


    votre commentaire
  • .................................................................

    au ras du velours

    toutes couleurs abrasées

    l'usure des saisons

     

    nacre émeraude et violine

    le nuancier déployé

    .................................................................

    andrée wizem


    votre commentaire
  • la poète et moi (3)

    la poète même ment pour dire même un amant
    elle pose ainsi soleil et pluie les mots durant
    puis elle s'échappe en chantonnant tout comme

    la poète en a plein la marmaille de bêtes en peluche
    elle farfouille le guano et autres gazouillis
    elle pense à chair payée pour en arriver là

    la poète résonne à qui mieux mieux on ne peut plus
    elle entre et sort en claquant bec dans l'eau
    puis elle pointe son nez au rouge d'un bleu ciel

    la poète cuicuite l'instant venu au suivant éperdu
    elle prend mots à brassées et se les enracine
    et tout ça comme les arbres en sens dessus dessous

    la poète gratte menu du jour et d'une seule trotte
    elle passe passe les poèmes comme perles de rocaille
    à la fin elle trouve dur le trésor sous les feuilles

    la poète cherche noms de fleurs à mettre sous la dent
    elle joue la passiflore en désespoir de peintre
    dans la terre de ses mains elle en a plein les bottes

    la poète floribonde sa tombe avant tout le monde
    elle veut seule en avoir fini c'est pas la peine
    avec des onomatopées ça fait rire la galerie

    la poète prend fichu sur la tête et le plein vent debout
    elle bourlingue en voyage sans  pourquoi ni comment
    et pense que ce n'est pas encore le demain et la veille

    la poète dit l'ardeur et verdeur bienvenues
    elle pique le hard en vue à coeur et corps perdus
    tapant la marge en touche l'amour vu ni connu

    la poète veut la bouche pour clore sa rengaine
    elle ne prend pas le feu sur son tas de brindilles
    en campagne elle se tanne sur sa peau de chagrin

    la poète en a bien le coeur tranché tout net
    elle compose garnitures de belles crudités
    à la fin elle donne tout en sandwich à croquer

    la poète prend à rebours ce qui est en chemin
    elle revient au début du départ sans retour
    et à la saint glin glin elle sonnera les cloches

    la poète saute à pieds joints et le tout sans rappel
    elle court et circuite coupe court raccourcit
    puis dit que c'en est pas fini du temps des retrouvailles

    la poète a des airs papillon et airs de clarinette
    elle veut les quatre saisons dans l'ardeur qui dure
    aux rivières de cailloux elle pianote en tambour

    la poète veut écrire les images ordinaires
    elle clique les mots enfin de se l'entendre dire
    dans sa vie elle musique pour une tout autre voix

    la poète babille goutte à goutte imprévu
    elle est le hola joie quand  jours et nuits s'égouttent
    et moi je mosaïque les règles de l'art brut

    andrée wizem


    votre commentaire
  • Poésie au passage 430...

    maille à partir

     

    se refont une virginité

    en publiant des livres destinés

    au pilon

    se gargarisent

    au co co co

    co

    co co rico

    de la coop

    coop coop coop

    coop errative

    évasive

    jouent des grandes orgues ou d'un mauvais violon

    les édiles

     du cru

    si peu idylliques

     

    en matière d'orientation

    au point lambda du global positioning système de l'an deux mille seize

    la vue est brouillée

    sur des pistes en bataille

     

    seul le vent

    tout comme l'eau

    se trouve de nouveaux chemins

    rappelant tous deux que la nature a horreur du vide

    tandis que la culture adore

    les pleins et les déliés

     

    andrée wizem

     

     Retour à Carnet "entrepôt des rêves"...clic... 

     


    votre commentaire