• Poésie au passage 320...

    quizz

     

    il me reste une image

    comme un clou

     

    figurez vous

    la scène

     

    le saltimbanque en appelle à la foule

     

    combien de morts à marignan

    dix doigts se lèvent

    et celui là comment est il mort

    pendu haut et court

    bravo vous êtes rapide

    comment ce poète archi connu a t il fini ses jours

    la question est pointue suicidé

    gagné

    entre ces murs combien ont fini par mourir de soif

    mille vous n'y êtes pas

    cent mille vous brûlez

    combien ont péri dans des tranchées

    toutes les mains se lèvent

    chacun veut participer

     

    et le jeu se poursuit

    pour une liste des comptes macabres

    la mémoire en bandoulière

     

    le saltimbanque interroge

    qui veut aider à tourner la roue de la belle installation mécanique

    (c'est une guillotine de théâtre)

    le saltimbanque feint la difficulté devant tant de fervente collaboration qui se manifeste

    enfin il y a un élu

    le public est dans l'expectative jubilatoire du happy end

     

    sous l'échafaud le cobaye est installé

    c'est un petit ours en peluche

    des cris font mine de s'insurger oh non pas ça

     

    tout de même la foule est partagée

     

    mais le plus grand nombre s'étrangle de rires

    puis file vers un prochain spectacle

    pressé d'enchaîner autre chose

     

    andrée wizem

    (déjà publié le14.08.2014)

     

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  • Poésie au passage 195...

    petite initiation et grandes boucles

     

    croiser les deux lacets

     

    pousser de la main droite

    sous la montagne pointue

     

    tirer fort de chaque côté

     

    faire une oreille de lapin

    de la main gauche

     

    avec le lacet droit

    en passant devant le nombril

    tourner autour de l'oreille de lapin

     

    de l'index droit

    pousser sous cette ceinture

     

    dans le même temps

    entre les pouce et index gauche

    tirer sur la deuxième oreille qui apparaît

     

    des deux mains mais en douceur

    étirer les deux ailes de papillon

     

    andrée wizem

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    5 commentaires
  • emballement poétique

    a.w.


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  • .................................................................

    au ras du velours

    toutes couleurs abrasées

    l'usure des saisons

     

    nacre émeraude et violine

    le nuancier déployé

    .................................................................

    andrée wizem


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  • la poète et moi (3)

    la poète même ment pour dire même un amant
    elle pose ainsi soleil et pluie les mots durant
    puis elle s'échappe en chantonnant tout comme

    la poète en a plein la marmaille de bêtes en peluche
    elle farfouille le guano et autres gazouillis
    elle pense à chair payée pour en arriver là

    la poète résonne à qui mieux mieux on ne peut plus
    elle entre et sort en claquant bec dans l'eau
    puis elle pointe son nez au rouge d'un bleu ciel

    la poète cuicuite l'instant venu au suivant éperdu
    elle prend mots à brassées et se les enracine
    et tout ça comme les arbres en sens dessus dessous

    la poète gratte menu du jour et d'une seule trotte
    elle passe passe les poèmes comme perles de rocaille
    à la fin elle trouve dur le trésor sous les feuilles

    la poète cherche noms de fleurs à mettre sous la dent
    elle joue la passiflore en désespoir de peintre
    dans la terre de ses mains elle en a plein les bottes

    la poète floribonde sa tombe avant tout le monde
    elle veut seule en avoir fini c'est pas la peine
    avec des onomatopées ça fait rire la galerie

    la poète prend fichu sur la tête et le plein vent debout
    elle bourlingue en voyage sans  pourquoi ni comment
    et pense que ce n'est pas encore le demain et la veille

    la poète dit l'ardeur et verdeur bienvenues
    elle pique le hard en vue à coeur et corps perdus
    tapant la marge en touche l'amour vu ni connu

    la poète veut la bouche pour clore sa rengaine
    elle ne prend pas le feu sur son tas de brindilles
    en campagne elle se tanne sur sa peau de chagrin

    la poète en a bien le coeur tranché tout net
    elle compose garnitures de belles crudités
    à la fin elle donne tout en sandwich à croquer

    la poète prend à rebours ce qui est en chemin
    elle revient au début du départ sans retour
    et à la saint glin glin elle sonnera les cloches

    la poète saute à pieds joints et le tout sans rappel
    elle court et circuite coupe court raccourcit
    puis dit que c'en est pas fini du temps des retrouvailles

    la poète a des airs papillon et airs de clarinette
    elle veut les quatre saisons dans l'ardeur qui dure
    aux rivières de cailloux elle pianote en tambour

    la poète veut écrire les images ordinaires
    elle clique les mots enfin de se l'entendre dire
    dans sa vie elle musique pour une tout autre voix

    la poète babille goutte à goutte imprévu
    elle est le hola joie quand  jours et nuits s'égouttent
    et moi je mosaïque les règles de l'art brut

    andrée wizem


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  • Poésie au passage 430...

    maille à partir

     

    se refont une virginité

    en publiant des livres destinés

    au pilon

    se gargarisent

    au co co co

    co

    co co rico

    de la coop

    coop coop coop

    coop errative

    évasive

    jouent des grandes orgues ou d'un mauvais violon

    les édiles

     du cru

    si peu idylliques

     

    en matière d'orientation

    au point lambda du global positioning système de l'an deux mille seize

    la vue est brouillée

    sur des pistes en bataille

     

    seul le vent

    tout comme l'eau

    se trouve de nouveaux chemins

    rappelant tous deux que la nature a horreur du vide

    tandis que la culture adore

    les pleins et les déliés

     

    andrée wizem

     

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  • valparaiso

     

    n'oublie pas valparaiso

    quand les marches une à une s'assombrissent

    sous le décorum

    où s'étouffe les va et vient minuscules

    où la résine fourmille de sa noire brûlure

    où un gris de nuages avance en trompe l'oeil

    il reste des ports

    pétris de sel de mer

    occupés à déjouer le temps

    dans des halètements de manchots

    à valparaiso

    les marches peintes de couleurs vives

    s'empressent d'échapper à la montée des eaux

     

    andrée wizem

     

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  • conscience

     

    venez à nous

    lèvres lippues nez aquilins ou busqués

    mentons charnus profils musclés fronts obstinés

    figures de nos représentations artistiques ou problématiques

    contant le sort des familles lointaines insoupçonnées

    foule des zoreilles du retour de vague

    enfants des ballottements

     

    ensemencez

    de votre cuisine de bouts de ficelle

    de vos musiques des vos images de vos langues vernaculaires

    de vos voix infiniment polyglottes

    de vos parcours de chaos inimaginables

    nos quartiers déjà si bigarrés

    où fleurent bon les spagettis

    à la tomate apparue outre mer et adoptée depuis

    (tant et si bien qu'on ne sait plus à quel madone se vouer)

    le tango et la java des zazous emplumés

    l'accordéon du pauvre à l'accent international

    le saxo des sans abri

    (jetés sur le trottoir pas nos bons maîtres d'ici)

    les chansons contesta terres

    le folklore adoubé par les zotorités

    les vins du terroir qui font oublier les exploités

    toutefois

    l'oeil bleu persistant du mélange des genres

     

    venez embrasser

    nos histoires fantasmées

    humer nos lents relents détournés

    fouiller nos apparences de contes de fées

    pointer du menton nos questions irrésolues

    affronter nos gaies guerres intestines

    entendre nos noirs silences

    voir pour le croire

    nos droits de l'Homme bafoués

     

    venez reprendre le cours de votre vie

    recevoir les gestes de fraternité multi culturelle

    changez les points de vue voir plus loin et plus haut encore

    découvrir le fin mot des pères fouettard universels

    renaître en des remue méninges à l'arraché

    à la conscience clarifiée de l'humanité

    repousser la haine in extremis

     

    andrée wizem


    lily par pierre perret et les ogres de barback

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  • Poésie au passage 429...

    arbres de la chance au passage

     

    remous de la tièdeur

     

    les rêveries à fleur d'eau

    frayent avec des éclats d'acier

    dans le chenal étroit

    poussé à la mer sousjacente

     

    des corolles étoilées

    tendues dans un élan suave de jasmins

    cherchent une trouée de crépuscule

    hors des cupules ecclésiastiques

    aux baies étranges

     

    imperceptiblement

    dans l'effleurement des flots

    se vrillent des étamines en une langue aérospatiale

     

    andrée wizem

     

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  • Poésie au passage 428...

    mascaron

     

    masque cornu

    couvant le lézard ingénu

    te voilà

     

    grand avaleur gourmand

    de moellons pierres caillasses galets et autres fondations

    de petits ossements bris de coquilles et toutes élytres sèches

    dans l'emportement tourmenté des écorces

    feignant le végétal

     

    bouffonnerie de la nature

    si humainement proche au figuré

    alors qu'une chanson des feuilles mortes

    se recroqueville

    en rousseur

    à nos membranes tympanières

     

    andrée wizem

     

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