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    des livres empruntés à la médiathèque "simone de beauvoir" et des livres achetés(trés peu)

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    • Myriam Montoya - "Traces Huellas" - Traduction de l'espagnol (Colombi) par Stephane Chaumet - Editions L'oreille du Loup
    • Luis Mizon - "Poème du Sud et autres poèmes - Poema del Sur" - Edition bilingue - Traduit de l'espagnol par Roger Caillois et Claude Couffon - Introduction de Claude Couffon - Gallimard 
    • Francis Ponge - "Le parti pris des choses suivie de Proêmes" - Poésie - Gallimard
    • Marguerite Duras - "Cahiers de guerre et autres textes" - P.O.L / Imec
    • Marguerite Duras - "Ecrire" - Folio 
    • Federico Garcia Lorca - "La désillusion du monde" - Traduit de l'espagnol et présenté par Yves Véguaud - Collection Orphée - La Différence - Bilingue
    • Juan Rulfo - "Le Llano en flammes" (Choix de nouvelles) - Traduit de l'espagnol préfacé et annoté par Gabriel Iaculli - Folio - Bilingue
    • Jean Metellus - "Voyance et autres poèmes - Les éditions de Janus
    • Edmond Jabes - "Le seuil - Le sable - Poésies complètes 1943 - 1988" - Gallimard
    • Hélène Cixous - "L'amour du loup et autres remords" - Galilée
    • Rabindranath Tagore - "La fugitive suivi de Poèmes de Kabir" Traduit de l'anglais par René de Brimont et H. Marabaut-Thorens - Connaissance de l'Orient - Gallimard
    • Gabriela Mistral - "D'amour et de désolation" - Traduit de l'espagnol (Chili) et présenté par Claude Couffon - Orphée / Différence - Lucila Godoy Alcayaga
    • Dominique Fourcade - "Est ce que je peux placer un mot?" - P.O.L
    • Michel Deguy - "Ouï dire" - Présentation par Alain Bonfand - Orphée / Différence
    • Marie Claire Bancquart - "Avec la mort, quartier d'orange entre les dents" - Obsidiane
    • Yves Boudier - "Vanités- Carré Misère" - Propos d'avant de Michel Deguy - L'act même Lire aujourd'hui
    • Jacques Dupin - "Ballast" - Poésie Gallimard -
    • Francis Ponge - "La rage de l'expression"
    • Revue Verso - "Chemins qui renversez les murs"
    • Revue Verso - "Questions d'angle"
    • Revue Verso - "De pierre et de chair"
    • Jacques Ancet - "La dernière phrase" - Frontispice de Paul Hickin - Collection Terre de poésie
    • Colette - "La chambre à dormir dehors" - Editions Alternatives
    • Jean Louis Giovannoni - "L'invention de l'espace" - Collection Terre de Poésie
    • Revue Verso - "Manger  Aimer  Mourir"
    • Revue Verso - "Transports et dossier Jean Tardieu"
    • Revue Verso - "La nuit qui est en toi - Lorand Gaspar et Julien Gracq"
    • Lucien Suel - "Mort d'un jardinier" - Roman - La table ronde
    • Faustine Lima - "Par delà l'horizon" - Cabo verde éditions
    • Michel Bret - "Le pas des mots" - Cosmogone
    • Claude Ber - Revue "Autre Sud" - Septembre 2008 n°42-
    • Joachim Du Bellay - "Les regrets - Les antiquités de Rome" - Préface de Jacques Borel - Poésie Gallimard
    • Ronsard - "Amours" - Dessins de Matisse - Edition distribuée par Cercle des Bibliophiles - Edition Mermod Lausanne
    • Richard Bohringer - "Bouts lambeaux et Cd C'est beau une ville la nuit"  - Arthaud
    • Shmuel Trigano - "Le temps de l'exil" - Rivages poche / Petite bibliothèque
    • Katherine Mansfield - "Lettres" - Bibliothèque cosmopolite - Stock
    • François Xavier - "Mahmoud Darwich dans l'exil de la langue" - Autre Temps
    • Mahmoud Darwich - "Comme des fleurs d'amandier ou plus loin" Poèmes traduits de l'arabe (Palestine) Par Elias Sanbar - Actes Sud
    • Andrée Chedid - "Le message" - Roman - Editions J'ai lu
    • Eric-Emmanuel Schmitt - "Oscar et la dame rose" - Albin Michel
    • Raymond Federman - "Retour au fumier" - Editions al dante
    • Richard Borhinger - "L'ultime conviction du désir" - Flammarion
    • Robert To - Patrice Rojas San Martin - "D'encre et de lumière - De luz y de tinta" - Photo Poésie - Les deux encres - Collection Culture sans frontière
    • Abdelhamid Lagouati - "Errances poèmes choisis" - Avec sept talismans originaux de Denis Martinez - Maison de la poésie Rhône Alpes
    • Michel Thion - "Ils riaient avec leur bouche" - Cheyne éditeur
    • Mansfield - "Poèmes" - Traduction et posface de Anne Wade Minkowski - Arfuyen
    • Mahmoud Darwich - "Plus rares sont les roses" - Traduit de l'arabe par Abdellatif Laabi - Les éditions de minuit
    • - "Tô seul suivi de Le composite de l'un" - Des nus de nous
    • Jean Gabriel Conscuella - Anne Slacik - "La terre cette couleur" - Les cahiers cristal - Atelier du Hanneton
    • Françoise Vérilhac - "Mon nom est je" - Gros textes / Poésie Parole
    • Nolwenn Euzen - "Présente" - Le dé bleu - L'idée bleue
    • Jasmine Vigier -"Exactement là" - Le dé bleu - L'idée bleue
    • Jacques Hirschmann - "Je suis né assassiné" - Poèmes traduit de l'américain par Gilles B.Vachon - Edition bilingue - Maison de la poésie Rhône Alpes
    • Atelier du Hanneton - "ORANGES"
    • Monika Demange - "Sais pas" - Atelier du Hanneton
    • Henti Bourgon - "Drôles de zèbres - Nid d'yeux nid maître
    • Cécile Clozel - "Elle est debout sur mes paupières" K éditions
    • Revue Bacchanales n°31 - "Les mots sont têtus" - Revue de la Maison de la Poésie Rhône Alpes
    • Cécile Clozel - "Aimons nous bien tant qu'il est encore temps" - Poèmes à poster - K éditions
    • Maurice Blanchot - "Thomas l'obscur" - Gallimard
    • Bernard Noël - "La vie en désordre" -
    • Antoine Emaz - "Peau"
    • Valérie Rouzeau - "Va où" - Le temps qu'il fait
    • Valérie Rouzeau - "Pas revoir" - Le dé bleu
    • Caroline Sagot Duvauroux - "Köszönöm" - José Corti
    • Erri De Luca - Trois chevaux -  Folio
    • Sylvain Levey - Enfants de la middle class (ö ciel la procréation est plus aisée que l'éducation -  Juliette (suite et fin trop précoce) - Journal de la middle class occidentale) - Editions Théâtrales
    • Charles Juliet - Attente en automne - Folio 
    • Charles Juliet - Ténèbres en terre froide - Journal I-1957-1964 - P.O.L.
    • Colette - La paix chez les bêtes - Fayard
    • Cinq Poètes russes du XXème siècle (Block - Akhmatova - Mandelstam - Tsvétaïéva - Brodsky)  - L'horizon est en feu -  Présentation et choix de Jean Baptiste Para - Poésie/Gallimard
    • Julien Gracq - La forme d'une ville - José Corti 1985
    • Michel Deguy - Desolatio -  Galilée
    • Ossip Mendelstam - Europe - Revue littéraire mensuelle -  Juin-Juillet 2009
    • Dossier Charles Juliet Jungle sur les pas fauves de vivre - N° 13 - Le poète débaillonné 
    • Dominique Fourcade - Citizen Do -  P.O.L.
    • Henri Michaux - Plume précédé de Lointain intérieur - Nouvelle édition revue et corrigée - Gallimard
    • Serge Pey - Nierika -  Chant de vision de la contre-montagne - Poèmes traduits du Peyolt - Bacchanales - Maison de la poésie Rhone Alpes
    • Perrine Griselin - L'appétit du pire - Collection Urgences - Color Gang Edition
    • Marina Tsvetaeva - Prose autobiographique - Oeuvres Tome I - Seuil
    • Jean Pierre Siméon - Lettre à la femme aimée au sujet de la mort - Editions Cheyne
    • Henri Michaux - Jours de silence - Fata Morgana
    • Claude Esteban - Trajet d'une blessure - Farrago - Diffusion Editions Verdier
    • Monika Demange -Orangenschalen - Edition originale - Version française de Marie Renée - Editions Gaspard Nocturne
    • Ariane Dreyfus - Quelques branches vivantes - Flammarion
    • Philippe Malone - Titsa - Les solitaires intempestifs - Collection La Mousson d'été
    • Carole Thibaut - Faut-il laisser les vieux pères manger seuls aux comptoirs des bars - Editions Lansman - Collection Beaumarchais
    • Gilbert Vincent-Caboud - Les déchirures de l'aube - Editions "L'étoile du Sud"
    • Julien Gracq - La presqu'île - José Corti
    • André Dhôtel - Le pays où l'on n'arrive jamais - Editions J'ai lu
    • Gilbert Vincent Caboud - Les contes falsifiés légendes des combes de Saint Antoine - Illustrations de Claude Ballaré - Editions Alzieu
    • Kiki Dimoula - Mon dernier corps - Traduit du grec par Michel Volkovitch - Arfuyen
    • Raymond Ponson -Au vent des collines - Chroniques paysannes de la Drôme - Editions & régions - Diffusion labouquinerie.com Valence
    • Jorge Semprun - L'écriture ou la vie - Folio
    • Edouard Glissant - Entretien avec Lise Gauvin (1994 - 2009) - L'imaginaire des langues - Gallimard
    • Sylvie Bres - affleure l'abîme - Editions La rumeur libre - Collection Plupart du temps
    • Charles Bukowski - Ces jours s'en vont comme des chevaux sauvages dans les collines - Editions Points
    • Maurice Blanchot - L'espace littéraire - Folio essais
    • Jack Hirschman - Je sens qu'on me balance un coup de latte dans les reins ou Tout ce qui reste - Maison de la poésie Rhône Alpes - Le temps des cerises
    • Mich'Elle Grenier - A cloche-coeur  Poèmes - Les Editions du Bord du Lot
    • Pétrarque - L'ascension du Mont Ventoux - Traduction de Yann Migoubert - Edition Sillage
    • Isabelle Pinçon - C'est curieux - Cheyne Editeur - Collection Grands Fonds
    • Ludovic Janvier - La mer à boire - Préface de Chantal Thomas - Poésie / Gallimard
    • Jean Claude Pirotte - Le promenoir magique et autres poèmes - La table ronde
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    • Jean Tardieu - La part de l'ombre - Proses de 1937 - 1967 - Préface d'Yvon Belaval - Poésie / Gallimard
    • Jean Claude Pirotte - Cette âme perdue - Le Castor Astral
    • Aragon - Les Adieux - Stock
    • Julien Gracq - Les eaux étroites - José Corti
    • Sylvie Brès - Une Montagne d'enfance - Editions La rumeur libre
    • Sylvie Gouttebaron - bien je reprends - L'ACT MEM lire aujourd'hui
    • Jean-Christophe Bailly - Le dépaysement - Voyages en France - Seuil
    • Yves Bonnefoy - La vie errante suivi de Une autre époque de l'écriture - Mercure de France
    • André Bucher - Fée d'hiver - Ecrits- Editions Le mote et le reste
    • europe revue littéraire mensuelle - KATHERINE MANSFIELD...Nouvelle Poésie chinoise
    • Eros Emerveillé - Anthologie de la poésie érotique française - Edition de Zeno Bianu - Poésie/Gallimard
    • Michel Thion - Anne Weulersse - Le dit du sablier - VOIX D'ENCRE
    • Pierre Daix - Picasso - Hachette LITTERATURES Pluriel
    • Didier Eribon - Retour à Reims - fayard à venir
    • Xavier Durringer - Haïkus à six coups - editions THEATRALES
    • Jean Tardieu - Poèmes à voir - Gallimard
    • Jean Paul Meiser - Marie Paule Richard - Riflesso ou le regard du peintre - Jean Pier Huguet Editeur
    • Jean Fouquet - Voyage organisé - Nouvelles éditions Debresse
    • Marcelle Delpastre - Les chemins creux - De Borée - Terre de poche
    • Antoine Emaz - SAUF - Tarabuste
    • ABECEDAIRE - Europe revue littéraire mensuelle n°1000
    • René Guy Cadou - Poésie la vie entière - Oeuvres poétiques complètes - Seguers
    • Paul Verlaine - Poèmes saturniens suivi de Fêtes galantes - Texte intégral Librio
    • Pascal Pia - Apollinaire par lui même - "Ecrivains de toujours" - Editions du Seuil
    • Nicolas Bouvier - Le poisson-scorpion - folio
    • Sylvie Fabre G. - Frère humain - L'AMOURIER
    • Henri Meschonnic - L'obscur travaille - Arfuyen
    • Nathalie Quintane -  Remarques - Cheyne Editeur - Collection Grands Fonds
    • Annie Ernaux - L'atelier noir - Editions des Busclats
    • Mohammed El Amraoui - Récits, partitions et photographies - Poésie - Edition "la passe du vent"
    • Philippe Jacottet - Promenade sous les arbres - La bibliothèque des arts
    • Jacques Ancet - Comme si de rien - L'amourier
    • Juan Gelman - Lumière de Mai- Oratorio - Traduit de l'espagnol (Argentine) par Monique Blaquière Roumette - Edition bilingue - Le Temps des Cerises
    • William Cliff -  America suivi de En Orient - NRF Poésie Gallimard
    • Monique Domergue - Si tu veux vivre avance - Atelier du Hanneton (Les Presles 26300 Charpey)
    • Caroline Sagot-Duvauroux - Vol-ce-l'est - José Corti
    • Paul Nizon - Dans la maison - Les histoires se défont - Traduit de l'allemand par Jean-Louis de Rambures - Actes Sud
    • Albert Camus - L'envers et l'endroit - folio essais
    • Abdellatif Laâbi - La poésie marocaine de l'Indépendance à nos jours- Anthologie - Editions La Différence
    • Frédéric Boyer - Rappeler Roland - Rappeler Roland- Chanson de Roland- Cahier de Roland- P.O.L.
    • Revue Littéraire mensuelle Europe - Littérature du Maroc - Nov Déc 2013
    • Charles Pennequin - Les doigts - Ragage
    • Sylvie Gouttebaron - Une âme qui - Dumerchez
    • Je est un autre - Anthologie sur l'étranger en soi - Présentée par Bruno Doucey et Christian Poslaniec - Seguers
    • Alain Veinstein - Voix seule - Fiction & Cie - Seuil
    • Marie Claire Bancquart - Violente vie - Le Castor Astral
    • Jacques Ancet - On cherche quelqu'un - DANA
    • Présenté par Yvon Le Men - Le tour du monde en 80 poèmes - Flammarion
    • Georges Bataille - L'archangélique et autres poèmes - Poésie / Gallimard
    • Fernando Pessoa - le marin - Traduction de Bernard Sesé - IBERIQUES JOSE CORTI 1991
    • Jorge Luis Borges Ernesto Sabato Conversations à Buenos Aires - Animées par Orlando Barone- Traduit de l'espagnol par Michel Bibard - "Bibliothèques 10/18"
    • Pablo Neruda - Vaguedivague - Traduit par Guy Suarès - Poésie /Gallimard
    •  Poèmes à dire - Une anthologie de la poésie contemporaine francophone - Présentation et choix de Zeno Bianu - Poésie/Gallimard CNDP
    • Luis Sepulveda - Le vieux qui lisait des romans d'amour - Traduit par François Maspero - Editions Metailié
    • Juan Gelman - L'opération d'amour - Traduit par Jacques Ancet- GALLIMARD
    • Abdellatif Laâbi - Zone de turbulences - Clepsydre Editions de la Différence
    • Georges Pérec - Beaux présents belles absentes - Editions du Seuil
    • René Char - Fureur et mystère - Poésie GALLIMARD
    • Aragon - Le communiste et le fou - Poèmes choisis par Philippe Caubère - Les Belles Lettres
    • Elsa Triolet - Le premier accroc coûte deux cents francs (Nouvelles) - Editions Denoël
    • Aragon - Choix de poèmes établi par Michel Apel-Muller - Temps Actuels
    • Saint-John Perse - S'en aller! S'en aller! Parole de vivant! -Poésie/Gallimard -Petite bibliothèque de poésie du vingtième siècle
    • Quinze femmes-poètes - Quelqu'un plus tard se souviendra de nous- Poésie/Gallimard -
    • Le dit de Tiany - François Cheng - Le livre de poche.
    • Les délits du corps - Samantha Barendson - Christophe Chaumont Editeur
    • La poésie sauvera le monde - Jean-Pierre Siméon - Le passeur Editeur

     


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    mal y pense
    (titre super provisoire...)
     

    1

    vraiment

    double
    tu crois écrire un mot
    un seul aseptisé et nu
    tu vois déjà double que dis je triple quadruple
    avec le r qui s'incruste et le l qui se déploie
    cela n'en finit pas de se creuser et de s'amplifier

    vois le v comme l'oiseau posé au sol qui picore sa nourriture juste pour vivre
    une seule lettre joue le trouble fête
    rrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr
    laisse la grogner en vrrrrrrrrrrrrrrrrrai
    ça lui passera

    vois le v et ses ailes toute petite envolée
    pourquoi le son d'une seule voyelle
    pourquoi pas toutes celles qui sont à ta portée
    a e i o u y
    hi hi hi hi hi hi
    i et y s'allient pour la rigolade
    i grec et les autres pitiii pitiii pitiii unissez vous
    mélange moi tout ça et va chanter sur les toits que vraiment c'est bien beau quand tu redoubles d'imagination

    surtout si dubble you s'en mêle

    (ce qui s'incruste dans le ciment du mot c'est la rocaille
    où l'oiseau se fait aimant
    sous la pluie de points sur les i qui redouble
    dubble you dubble you dubble you dubble you dubble you dubble you
    dubble you a fait son entrée majuscule dans l'écriture
    le double v de la victoire en driblant sur le terrain du mentir vrai

    hi hi hi hi hi hi tous font semblant de rire sur la blogosphère globosphère
    pitiii pitiii pitiii mes préférés
    pitié pour eux
    dubble you ou la trouvaille dans la rocaille
    le petit plus parce que je le vaux bien
    combien valez vous je vaux double et vous
    dubble you face au veau d'or

    la reflexion sur la morphologie des mots sera plus laborieuse que la lallation
    mais rieuse )

    2

    tronc chapeau trimballée tard héron passerelle ras
    voilà une passerelle qui nous sauvera encore
    passe passe passera
    la répétition sera évitée de justesse
    juste trimballée de tard en part

    le chapeau ne fait pas chat ni peau mais bien chapeau
    pas question de chat sous le chapeau mais de héron
    un héron sur une passerelle est une rencontre inattendue
    l'élégance métallique aigüe
    comme son bec est un point d'interrogation qui aurait perdu sa ponctuation
    les mots se présentent mais rien n'oblige à les prendre
    casseroles trop lourdes à trimballer
    rôles trop lourds à fracasser
    ça casse pas les barres
    attention à la répétition
    attention à la répétition

    ras le chapeau

    il n'est jamais trop tard pour caser ce qui t'arrange
    ton oiseau est un héron
    héron rime avec tronc
    héro rime avec trop
    eros rime avec bosse
    et rat rime avec ras
    les pâquerettes
    passerelle et passereau
    tra la la et râle à l'eau

    ( drôle de langue sortie du chapeau
    chimpanzé et têtard en tintamarre

    dès potron minet quand va la cruche à l'eau

    le chef d'orchestre n'est sans doute pas le héron que tu crois
    et celles qui ne font pas le printemps sont de retour avec leurs ritournelles
    des rimes faciles à n'en faire que des bouchées doubles
    passerelle belle oiselle
    passereau bel oiseau

    un oiseau
     deux oiseaux
     de un à deux il n'y a qu'un peu

     ce qui existe dans le texte c'est x ou y
    des inconnus à plumes dont l'histoire s'ébouriffe


    dans le chapeau aussi
     que dis tu d'haïti et chili
     et leurs points sur les i


    la réflexion sur la sonorité des mots sera plus que douloureuse
     je plussoie)


    3


    s et sa suite

    les lacis d'une lettre
    au fond d'un reposoir

    larve de lettre
    forme ondulatoire
    corps flasque
    bribes du mot entre deux eaux

    que dire du haut de la passerelle

    un soir tu reposeras

    pas ce soir
    tu vas sarcler les alentours morbleu

    l'oiseau est transi
    son chant s'étiole

    tu vas sarcler les alentours morbleu

    dis morbleu et la mort se tord mord comme un serpent

    ton i grec comme la fourche


    fossiles d'une lettre au fond du reposoir
    lettre vaseuse
    décomposée
    corps en suspension
    mot entre deux eaux

    dis stance et le mot creuse son sillon
    l'oiseau siffle comme un merle
    l'oiseau dru siffle la vie tout cru

    tu vas sarcler les alentours nom de bleu
    double et redouble
    dis stance et le mot fait sa danse de saint guy

    le i grec et tous ceux qui se trémoussent à l’heure du carnaval
    sarclant à coups de bec autour du reposoir

    tu vas sarcler les alentours sacrebleu

    double et redouble
    dis stance et le mot met à bonne distance du reposoir tes lettres de jasmin


    jasmin à demain
    jasmin à deux mains

    jasmin double ça existe aussi

    jasmin d'hiver et jasmin du mexique

    un bon sarclage vaut deux arrosages

    un soir tu te reposeras

    un bon croquage vaut deux épluchages

    le fruit de saison sera une pomme new look

    golden pink lady

    youpi le y


    (à l'’ère informatique ta lettre

    exhumée

     est une bête du grésivaudan

    errant dans les côtes décharnées d'’anciens vignobles

    vies ignobles

     

    à l’'ère économique ta lettre est postée à la vingt cinquième avenue

    te voilà ypsilonnienne d’'adoption

    le territoire réduit à sa plus simple expression

     

    désormais

    le b a ba de la géologie de la géographie n'’a ni queue ni tête

    sans parler des gènes yellow des drosophiles

    qui n’ont plus de frontières

     

    dans la lettre écrite ce jour

    j’'y ai dit que le patois est too much

     

    heureusement

    au delà de la vingt sixième avenue

    les traces  en lacets nous ramèneront aux lacis

    bordés de buis de fusain et de genévriers

     

    mais il faut en convenir

    godo attend toujours quelque chose

    et au théâtre des mathurins zorro sur son noir destrier

    n’'est pas encore arrivé)

     

    4

     

     

    ainsi

    camarade n’est plus un mot de récréation

    troupe dispersée dans les arrière cours
    la camaraderie ne fait plus rire

    ceux qui courent toujours n’attrapent jamais le pompon

    les mots de la causerie commune sont essoufflés

     

    arrière cours

    arrière saisons

    arrière cuisines où se mijotent les formules avec des accolades qui s’enguirlandent

     

    les mots sont épuisés

    dans l’épuisette du jour il n’y aura pas que des roucoulades

     

    soit camarade

    une seule lettre te manque est tout est dépeuplé

    la camarde passe

    les camarades trépassent

    la camarade pleure

     

    soit camarade

    la lettre initiale ronde avec son accroche cœur répétée à la cantonade comme procession d’incantations dans la nuit

    ah ah ah

    voix rivée au chant espérant la sortie

     

    dans ma chanson camarade se dirait ami

    petit nid pour les jours sans lumière et pour les autres aussi

     

    camarade par ici la sortie

    exit la transmission des harangues bancales

    camarade n’est plus qu’un mot de re création

     

    camarade

    mon cœur dans la tempête bat la chamade

    camarade

    mon cœur suit des pas de nomades

    ami

    celui qui marche et rêve à mes côtés

    ami

    souffle caressant le moignon de l’épaule

    dépliant le lobe indescriptible de l’oreille

    peignant les cils humides

    frôlant les gerçures aux lèvres

    pétrissant le silence quand le corps disparaît

     

    soit camarade

    le mot rôde

    égaré

    furetant dans des ornières

    le dos voûté sous les bourrasques telluriques

    ferraillant dans les ordures recouvrant l’écorce terrestre

    épaississant sa carapace pour traverser les heures souterraines

     

    soit camarade

    avec ses dents de lait tombées d’un coup

    bruxisme éreintant la mâchoire

    moulin à paroles grinçant de rouille

     

    soit camarade

    mot égrené sous la tambourinade de l’averse

    consonne voyelle

    consonne voyelle

    consonne voyelle

    consonne voyelle

    pas de charge pour jeu de scrabble

     

    anicroche aux protocoles

     

    voyelle consonne voyelle

    ami

    a aime i

    i m a

    a aime

    ah aime

    mmmmmmmm

     

    un mot quoi

    koa kwa mi kwa bô

    kwa mi kwa bô kwa bel â mi â my a maille

    maille à partir

     

    gousse inconnue jonchant le sol

    retenant mes yeux

    comme plumier

    chenille d'or brun

    trouvaille tamarine

    graines à la volée

    awale

    à la mi août comme à la mi mai

     

    (litanie rampante

    c'est-à-dire que ça ne vole pas haut

     

    attraction terrestre

    scribouillage

     

    retour au silex

    érosion de la gravité

    frottements jusqu’à l’étincelle

    échauffement de la matière

     fusion con fusion e fusion dis fusion

    en corps

     

    corps texte emberlificotés

    con texte détextualisé

    des textes tuent des alizés 

    ci gravi

     

    certains unités graphiques pourraient écorcher la bouche

    la subtilité consiste à les sucer comme des berlingots

    corps texte emberlinfigotés font bonnes figures

    izentit

    yes izit)

     

     

     

    5

     

     

    inattendu

    inespéré

    imprévisible

    étonnant

     

    une silhouette sur l’aqueduc

    à la longue vue cambrure délicate en jaquette

    en un rien de temps un souffle inimaginable vient balayer la grisaille

     

    pas de tambour

    ni de trompette

    pas de lutrin

    ni de baguette

     

    du seul fait de son existence

    une silhouette inconnue suscite l’effervescence de tous les sens

    une silhouette c’est chouette

    contour à l’encre violette

    galbes vifs de l’aquarelle

    lignes de pleins et de déliés

    charnure au charme fou

     

    une silhouette sur l’aqueduc

    et mon engoulevent prend le vent

     

    mon engoulevent

    au glouglou de cascade fraîche

    s’enroule à mon cou comme froufrou de bulles

    chinchilla de plumes acryliques

    que le vent soulève

     

    une silhouette sur l’aqueduc

    sans tambour ni trompette

    sans lutrin ni baguette

    du seul fait de son existence

    suscite mon envolée

     

    lyrique

     

    (la magie serait elle dans le conte

    la prestidigitation reste évasive

    le poème devrait avoir l’art d'aménager la chute)

     


    6

     

     

    revenons à nos ouailles

    nos moutons déplumés

    nus comme des vers

     

    dissection anatomique

     

    auras tu le temps de dénombrer toutes les vertèbres du corps du texte

     

    s et sa suite de lombaires

    creux de vagues

    strates

    empilements

    mystère de ce qui fait la stature entre les omoplates

    charnure charnue

    charnelle charnière

    articulations souples du port de tête où s'engouffre le cri de gorge

    où expire le cri du coeur

     

    auras tu le temps de dénombrer toutes les vertèbres et d'en goûter les subtilités jusqu'à la moelle

     

    dégustation anthropomorphique

    mastication sonore

    digestion introspective

     

    revenons à nos volailles

    à nos os

    l'aile ou la cuisse

    sot l'y laisse

    grignotage du cou

    effluves volatiles par dessus l'épaule

    triturage au point endroit et envers

     

    méridienne

    tricotage au point mousse

    andan te

    crescen do

    note bleue

    écharpe d'iris au zénith

    écheveau de mohair tendue entre les bras

     

    maintenant pétronille

    coupons court à la poésie de pacotille

     

    le sécateur n'attend pas

     

    d'un coup sec taille d'une branche morte

     

    ( il ne t'échappe pas que dans la série des mots en irruption

    un nouveau prénom est à ton passif

     

    ma fille à la vanille

    tu seras pétronille

     

    le hasard est parfois hasardeux

    de pétronille à pacotille

    il y a plus qu'une coquille

    de pacotille à pétronille

    il y a plus qu'une escarbille

    disons le tout net

    le hasard a la vue courte

    et ne sait pas que pétronille a les yeux qui brillent

    et que pierre de jade n'est pas pierre de pacotille

     

    la poésie ne peut contrôler ce qui surgit de toutes les failles)

     

    7

     

    va et vient
    aller et retour d'un point à un autre
    ici et là les sons parcourent le chemin

    vont et viennent s'en vont et reviennent emportent et ramènent

     

    a priori ici ne souffre aucune précision
    et là bas c'est loin et c'est profond
     

     

    ici est l'épaisseur de l'écorce

    l'égoïne est un mot féminin tiens toi le pour dit
    le bois de chauffe est à ce prix

    et les dents de la scie sont innombrables et entament la texture en cadence
    il ne viendrait à personne de perdre son temps à les compter
    seule compte la précision du geste
    l'efficacité est à ce prix

    trente sept degrés deux c'est le taf
    inclinaison selon un angle obtu et fermé dans le tranchant qui attaque la fibre
    relâchement du poignet pour que l'outil ne reste pas pris dans l'aubier

    c'est dans ce va et vient de l'ici et là que déboulent en vrac toutes les comptabilités
    les jours les mois les années
    les bilans des guerres
    le nombre de morts sous le napalm
    les quantités d'insecticides et leurs rapports qualité prix
    les formules abstraites des constellations

    les mathématiques aéro spatiales et leurs quotas de particules invisibles
    la pietaille et les euros qui se courent après dans les porte monnaie
    des chiffres en veux tu en voilà

    combien en voulez vous à la coupe
    un comme la question qui se pose
    hein quoi comment
    que dis tu
    de qui parles tu
    tu parles à qui
    tu parles à personne


    tu dis que tu es sourd
    je te parle
    deux comme la question qui se pose
    un plus un d'eux ou des autres

     

    quelle pagaille
    tu en as combien dans ton panier
    un ou deux et combien de chiffres après les virgules

    je te parle sans mettre les virgules
    quel foutoir
    avec les virgules les chiffres prendraient une autre envergure
    je te parle sans mettre les virgules ni les points sur les i ni les terminaisons

    tu parle à personne

    tu dit que tu es sourd

    tu pense que tu ferais bien de te mettre ça dans la tête
    les chiffres

    avec ou sans virgules

    en attendant combien de bûches par jour
    arrondissons arrondissons pour que le feu couve encore


    et allons z y ça fera jaser dans l'espace

    lune mars mercure jupiter vénus saturne soleil

    où ça

    ici et là par monts et par vaux

    les yeux dans nos paniers
    nos paniers perçés pour le marché
    grand marché planétaire
    grand échange fructiforme

    tutti et frutti sont dans un panier
    le panier est rond ou carré
    quelle est le cours de la banane ou du café



    ( ici et là


    les golden ne sont plus ce qu'elles étaient
    elles avaient couleur de lune et parfum de vanille

     

    les bananes ne sont pas ce qu'elles sont en vrai

    dans le mûrissement lent

    sous la chaleur et l'hygrométrie des terres rouges


    les oranges n'ont jamais eu couleur d'étoile mais couleur de pamplemousse

    et se goûtent en tranche quand le désir est là de s'abreuver

    le gingembre est récolté à la main
    à la demande
    et infuse pour le temps de rémission

    après la coupe du bois des relents de sève
    fiole mirifique au goutte à goutte

    a posteriori ici a besoin de concision

    et reste circonspect

    i c'est i)

    8

     

    ci dit

    claquemurer

     

    le vent démembre les volets

     

    à la une les accidents du terrain

    terrain terreux terre à terre

    les reins s'y prennent les pieds

    yeux accrochés aux gravillons

     

    ci dit

    claquemurer

     

    le vent frappe de plein fouet

     

    regard parcellaire en rase motte

    cheveux en brosse à contre sens

    superficie arable incontournable

    mains battoirs au nez des taupes

     

    ci dit

    claquemurer

     

    le vent assourdit l'obscurité

     

    chiendent ortie  et chardon

    le triumvirat en empoignade

    aurores agricoles aux repousses épineuses

    mais où est donc ornicar

     

    ci dit

    claquemurer

     

    le vent cogne à tout rompre

     

    l'horticulture à la remorque

    pas de pot le liseron pousse à gogo

    le grain volubile enfantin peine à germer

    seule la miséricorde des pois de senteur

     

    ci dit

    claquemurer

     

    le vent fou enchevêtre des ronces

     

    les reins s'y prennent les pieds

    mains griffées ongles écornés

    le vent de jachères embroussaillées

    tresse des lignées de gravats

     

     

    (vent de poussière sur la peau

    s'insinue

     

    ci dit

    la cuisine du terroir est poétique

    mon chou c'est l'heure de la pâte à choux

     

    chouquette

    fourre tes mots partout

     

    le casse tête n'est pas chinois

    mais où est donc ornicar

    est rébus de derrière les fagots

     

    ci dit

    vent de mère grand

    et le jargon tourmenté de l'étreinte )

     

     

     

      9

     

     

    entrons dans le paysage
    on veut du vert vert de la verdure qui dure du verdoyant l'ondoyant cru
    du vert pomme d'avant ni d'ève ni d'adam
     
    toi et toi et tous ceux du même nom
    si la crudité prend toute la place arrachez vous de là
    le paradis sur terre c'est selon
     
    berges de vertes années
    vert glissant de pataugas sous la plante des pieds aux abords des ruisseaux des bois des champs des chemins des maisons
    vert visqueux de grenouille de la mare aux têtards
    champs de choux effeuillés étêtés vert écrabouillé automne de fumure verte
    chou vert chou rave cave à chou chou gras gras double soupe au chou tambouille et pâtes à soupe bouillons du dernier cru
     
    de quoi faire de belles plantes
     
    vert tilleul en feuilles sèches fadasserie des aïeuls des aïeux tartines d'acacias trempées au lait de vache écoeurement des cargaisons des tas des monticules des ramassis des tombereaux à encaisser de près de loin de loin en loin d'en bas de face de front de haut de biais de travers de concert de haute lutte au coup par coup à coup d'épaule à coup de pied à coup de poing à coup de boule à la baratte à la truelle au pied de biche à la massette mazette à la masse à la ramasse à la rame à la tasse aux larmes citoyennes alarme et gazette
     
    à la ville derrière ses stores une femme entend les véhicules à moteur rouges
    le paysage urbain est en lamelles et se trame comme du papyrus de métal
    tram way tram way tram way
    walk man walk men show man show women
    who iz who in subway
    who iz zis woman
    underground
     
    (l'oiseau de fer forgé ne pipe mot
    son chant égosillé
     
    oiseau sentinelle planté comme arbre du ténéré
    rond point en plein désert
     
    oasis perdue de vue
    et ses feuillages d'un autre âge
    ses roues et leurs ocelles papillonnantes
    myriade des oiseaux à miel
     
    l'oiseau cendré né d'assemblages hétéroclites
    faits de bric et de broc avec mes cliques et mes claques
    est planté là dans le flop flop de mes claquettes
     
    l'oiseau de fer forgé ne pipe mot
     
    son chant égosillé)
     
    10

     

     

    étouffée
    premier mot qui te vient à la bouche
     
    ai tout fait bien fait
    bien succinct vite fait sur le pouce
    cinq sucs pain beurre café confiture pomme
    comme les cinq doigts de la main en un seul mot
    é tou ffée
    y vois le é bien enlevé y vois le tout y vois les fées y vois le tout feu tout flamme
    y vois le rouge sous la cendre
     
    ingurgitation borborygmes et régurgitation
    voix de gorge et de cogitation
    le vocabulaire est encombré
    le vox à bulles vox à bulles d'air le box à bulles la boîte à bulles manque d'air
     
    la voie des airs est encombrée de combes en combles et de galetas
    vlan
    galetas quel drôle de mot
    les gars des tas y en a encore
    la voix des onomatopées pourrait nous perdre
     
     
    pour s'extraire de la boîte et voir les jolis nuages dans le ciel longer le chemin des airs cueillir quelques pousses de houblon pour l'omelette remplir le cabas de croupettes laisser les pervenches qui ne tiennent pas en bouquet voir l'envahissement des noisetiers pester contre la bourre des peupliers sentir monter la vase dans les narines déceler le déplacement saccadé des araignées d'eau passer à côté des pêcheurs taciturnes assister à l'éboulement de masures franchir un pont délabré revenir en sens inverse
     
     
    oh hé
    les nuages c'est dans le ciel
    pour un peu on passerait sans les voir
    on oublierait de noter ce qui change dans le paysage
     
    ça par exemple
    pas vu les stalles des chevaux de promenade
    ni les belles cavalières
     
     
    (sans commentaire
    sans jeu de mots
     
    sans rajout
    sans rabat joie
    sans fioriture
     
    sans complément
    sans compliment
    sans complication
    sans explication
    sans explicitation
    sans citation intrinsèque bien sûr
     
    sans sécheresse non plus
    sans chaleur excessive
    sans tiédeur
    sans froidure
    sans froid mou 
    sans air de neige
    sans gel
     
    sans gêne
    sans génuflexion
    sans courbette
    sans contorsion
    sans volte face
    sans vertige
    sans sens giratoire
    sans tourment
     
    sans tempête
    sans pluie
    sans vagues
    sans ricochets
    sans fous rires
    sans fanfreluches
    sans fantaisies
     
    sans babillages)
     
     
     

     

     11

     
     
    l'évènement serait de parvenir à glisser du gloubi boulga dans la sémantique
    de la poezizanie en payzanerie
     
     
    prenons panicule un petit mot bien de saison
    saisissons nous de cette forme oblongue
    transformons la en aérostat avec sa nacelle tressée comme un panier
    cela n'aurait rien de ridicule et permettrait de voyager avec une douce énergie
    on irait voir comment ça va chez les urbains
    on irait goûter leur pain pani panette
    on verrait s'ils ont le feu aux trousses
    en cas de canicule paniculaire on se mettrait à l'ombre des arbres à papillons et on attendrait que ça passe
     
     
    prenons lichens un mot presque basique
    apprivoisons le comme un teckel  de bonne compagnie
    échangeons quelques grognements de courtoisie et quelques gestes de connivence
    cela ne paraîtrait pas étriqué et permettrait de se sentir moins seul
    on irait voir comment ça va chez les urbains
    on irait s'apitoyer sur les espèces menacées dans les parcs zoologiques
    on verrait s'il reste pour elles et nous de quoi subsister
    en cas de restriction sévère on se mettrait à l'ombre dans la mousse et on attendrait que ça passe
     
     
    prenons euchera un mot enthousiaste mine de rien
    poussons ce cri en guise d'embrassade pour conjurer le sort
    faisons sonner les clochettes des espoirs à noël à pâques en été à la sainte catherinette
    cela ne serait en rien excessif et réenchanterait le monde
    on irait voir comment ça va chez les urbains
    on irait au concert des minarets des églises des temples et des toiles de tente
    on verrait s'ils ont trouvé des solutions oecuméniques
    en cas de doute on se mettrait  à l'abri d'une porte cochère peuchère et on attendrait que ça passe
     
     
    prenons brosse un mot qui défrise
    refusons de faire reluire les lustres ce qui nous mettrait les nerfs en pelote
    passons les doigts dans les cheveux de nos voisins en leur disant no stress
    cela aurait le mérite de provoquer une réaction qui dans tous les cas serait bigrement salutaire
    on irait voir comment ça va chez les urbains
    ainsi on dirait salam et shalom à notre manière sans cirer les pompes de ceux qui exagèrent
    on verrait comment ça se complique quand on coupe les cheveux en quatre et des poussières
    en cas de mal au crâne on se mettrait à l'ombre sous nos chapeaux de sisal et on attendrait que ça passe
     
     
    prenons cuivré un mot culotté
    choisissons des nectarines et des abricots pas trop traficotés
    remplissons le chaudron et laissons mijoter sans cesser de touiller en faisant des huit
    cela nous donnerait l'occasion de lécher la cuillère en deux temps trois mouvements
    on irait voir comment ça va chez les urbains
    on commercerait en bonne entente sur le cours du temps et des conserves
    on verrait si la parole est toujours de l'argent
    en cas de trop grand business on se mettrait à l'ombre à la campagne et on attendrait que ça passe
     
     
    (gros pavés
    de plus ou moins bonnes intentions

     

    qu'est ce que ça prouve
    que tu as brossé des murs pour éradiquer les lichens
    que tu aimes les panicules de tes liliacées et l'euchera des grands mères
    que voilà bien un évènement
    et que pour fêter ça il n'est pas de trop
    d'en appeler à une fanfare de cuivres
     
    dont acte)
     

     

     

    12
     
    ubac
    bleu de prusse 
    opacité de l'ombre couvrante
     
    porte plaquée sur la lumière
     
    pan rabattu à l'abrupt
    et le passage arasé de l'obscur
     
    parpaing phénoménal de la montagne
    ligne tranchée net des crêtes surplombantes et leur envers de gouffres
     
    ubac
    et les contrariétés des langues d'oc prises dans les élancements
    arrière plan  des bâtisses où bataille le jour
    cellier des fermentations
    puits des eaux froides
     
    à contre nuit
    adret de la lampe 
    les croisées du halo se replient
    la note tiendra compte du contexte
    fauteuil sans entretoise sans accoudoirs sans dossier au bois piqué au velours émondé
    pensée de poche pour une causeuse de brocante inhabitée
    petits aménagements de l'existant
    compositions bancales

     

    feedback
    écho du son du cor
    appel lancinant à hauteur de sylve au delà de tout entendement

     

    (hue back
    avance recule
    valse hésitation
     
    tirets de suspension
    starting block et  faux départ
    remise à jour des données
    ubac et rocking chair
    cheval à bascule par dessus tête
    jeux de glisse sur plastique sans casque
     
    bleu myrtille
    vent de blueberry hill
    sylve échappant aux légendes)
     

     

      13

     
    silence 
    oscillations de gauche à droite
    une oreille s'écrase l'autre oreille se désencoquille sous la voix crachouillarde de la radio
    c'est l'heure des catastrophes 
    entre le brouhaha étouffé des plumes d'oiseaux et les cacquetages qui sont légions sur le créneau des informations
    oscillations de gauche à droite enfouies entre le refus moite et la couette trop lourde
    de la position couchée à celle où les pieds seraient sur terre il y a hésitation à se mettre debout
    silence
    quelque part les amputations vont bon train
    passé un certain seuil la douleur ne s'exprime plus
    ici ou là les pelletées de ciment de chaux de terre ajoutent une couche à l'oubli
    les petits trafics ont la vie belle
    part de misère contre part d'exploitation
    des bouches décortiquent le mode d'emploi de la fabrication des galettes de sable
    on n'arrête plus le progrès côté technique
    pendant ce temps les mers meurent
    mer morte
    silence
    les oiseaux démantèlent les boiseries font des trous dans les haies guettent bruyamment l'apparition des vers tapissent le sol de fientes noires du jus des cerises
    dans les forêts le geste du tireur à l'arc n'en finit pas de rater sa cible
    les chasseurs à ce qu'on dit passent leur temps à cueillir des champignons en claquant du fusil juste pour en vérifier l'état de marche et devisent paisiblement sur les meilleures recettes du terroir
    les vergers sont tranquillement entourés de clotures électriques pour éloigner le gros gibier qui ne sait pas que nous sommes au vingt et unième siècle
    les chevaux tous plus beaux les uns que les autres sont nourris grassement de champs en friches
    le technicien de grandes surfaces affublé d'un nom de paysan met du fuel dans son tracteur pour transporter des tuyaux d'irrigation quand il ne fait pas le tour de ses parcelles en fourgonnette blanche
    on moissonne la nuit tous phares allumés avec des écouteurs bien ajustés diffusant la world musique 
    les lampadaires font croire aux merles qu'il fait jour
    silence
    au fin fond d'une steppe un homme a survécu en se nourrissant de racines de baies de coquillages de poissons pêchés à mains nues de sauterelles de volatiles à tordre le cou de bêtes à poil dépecées à coups de pierre et sèchées au soleil
    il a bu ce qu'il a pu puis son coeur a cessé de battre et le monde s'en étonne
    au fin fond d'une steppe un homme cherche des racines des baies des coquillages des poissons à pêcher à mains nues des sauterelles des volatiles à tordre le cou des bêtes à poil à dépecer à coups de pierre et à sècher au soleil
    il a soif de rosée
    mais son coeur risque de cesser de battre et le monde discute le coup
    ailleurs des trombes d'eau s'abattent
    forcément au fin fond d'un pays un homme est trempé comme une soupe et patauge dans des marécages chaque pas l'englue un peu plus
    quelqu'un demande comment son coeur n'a pas encore cessé de battre et le monde fait des pronostics
    la météo signale que l'état du ciel n'arrangera rien à nos affaires
    silence
    l'eau a cessé de distiller ses jolis gargouillis
    elle est devenue inaudible dans ses dédales de pipeline ses circuits d'usine aérodynamique ses mises en bouteilles et en boîtes  ses transports en citernes sur autoroute du soleil ses voyages en soutes ses distributions en pastilles ses goutte à goutte humanitaires ses bassins de décantation de pleine nature ses filtres au charbon de bois ses osmoseurs domestiques du dernier cri ses ventes aux enchères montées en flèche ses partages aux plus offrants ses conciliabules de stratégie alimentaire ses répartitions nord sud ses effets contraires est ouest ses armadas de querelles intestines ses coupures au robinet devenus monnaie courante ses secrets de serres en plein coeur du désert ses communications internationales diffusées à grande vitesse ses prospectives de pique sou bédéifiés ses histoires de saints et de saintes des fontaines ses ablutions télévisées de marchands du temple
     
    silence radio
     
    radio silence
    (allo allo
     
    juste un filet de voix
    et le flux sinueux d'une rivière de mots
     
    un vol de libellules effleurant  le cours d'eau)
     

     

    14

     

    silence

    la rue s'emplit de jupes de caracos de foulards de tuniques

    le tableau des couleurs est du genre impressionniste

    le regard plonge dans les interstices des peaux humides

    la chaleur monte en vapeur vibrante et en nappes floues

    la musique est baroque de composition contrastée truffée de doubles croches

    perdu entre les talons aiguilles et talons des bottines les escarpins cirés et sandales en lanières le lieu se brise comme le verre à la terrasse de la nuit

     

    silence

    les jeux d'eau ventilent leurs gouttelettes comme des panaches blancs

    les queues rousses s'évertuent en vols incisifs près des lampes solaires

    le puzzle des massifs s'organise dans le tournis d'une vision de toupie

    les groupes papillonnants déploient leurs conversations et butinent au gazon

    le contraste des ombres et des lumières plaque l'image dans une mise en scène au cordeau

    errant entre les cônes issus des fleurs étoilées les ailes des samares les cynorrhodons écarlates et les épis de roseaux le lieu se noie comme un nénuphar en hiver

     

    silence

    le printemps est un bleu outremer dans l'ombre des grands arbres

    l'oxygène grésille dans les branches comme un chant de criquets affairés dans les blés

    les pas craquent dans le foisonnement des chutes résineuses et les pignons brûlés

    les pommes de pin s'accrochent aux écailles de sequoïa et de cèdre et en perdent la tête

    le champêtre est dru dans le patchwork des camaïeux couturé de barrières de paille

    cherchant dans les terres d'amandes les rivières chlorophylles les sources astringuantes du thé la persistance de l'anis le lieu s'immerge comme un amphibien

     

    silence

    la colonne des insectes noirs poursuit sa quête de miellat

    l'ordonnancement des épines est un parcours de mathématiques sans résolution

    la foliole extrême a la verdeur de l'empreinte du doigt et la fragilité des limbes caduques

    l'imbroglio des pétales fauves s'ouvre en réceptacle de ciel changeant

    le ralenti se répète en une accélération étourdissante et troublante

    furetant dans les effluves et les subtilités les fraîcheurs églantines et la sauvagerie légère les douceurs de velours et l'élégance fruitée le lieu  penche comme rose sous la pluie

     

    silence

    la balançoire oscille entre le vent du nord et le vent du midi

    le terrain est creusé par les frottements des semelles freinant le mouvement

    les fleurs des saxiphrages des montagnes ont des noms compliqués difficiles à saisir

    le pourpre a des nuances claires ou sombres passant par chair rosée ou blanc de crème

    l'irruption florale est sur le mode aléatoire et reste parfois forclose

    plongeant d'un mystère à un autre  tout au long des hampes gringalettes poussées au coeur des feuilles auréolées le lieu se marbre de teintes cinéraires

     

    silence

    les lettres manuscrites sur papier jaune poussin divaguent sur le foin

    les oisillons nus tombent des nids dans l'indifférence des gens de ferme

    les canards ont couleurs de paon de toison mouchetée ou de terres d'automne

    les scènes aquatiques fourragent dans des nécessités impérieuses multipliant les ondes

    les plumes du geai ont des zébrures fantaisistes des teintes éméraude et des éclats d'acier

    nichant dans les fenaisons les bosquets les roselières les iris les étangs les mares le lieu se cherche comme une aiguille de brodeuse

     

    silence

    la ville a ses quartiers exotiques et ses marchés des quatre saisons

    les côtes passantes grimpent sur les buttes où des jardins surplombent des fleuves

    les eaux serpentines glissent entre les berges tapies sous les frondaisons frémissantes

    les nuages exubérants se suspendent aux collines de mimosa où affleurent les escaliers de pierre

    la rumeur des arrivées au port et des épopées lointaines est ponctuée de klaxons

    percevant les senteurs marines les langueurs d'océan les caresses des algues les picotis de sable la puissance de l'iode le lieu se ferme comme un bulot

     

     

     

    (que faire des silences

    sinon tenter de les mettre en musique)

     

     

     

    15

     
    ville village ville village ville village 
    ville village village ville
    les villages n'ont pas d'âge
    quelle est l'âge d'une ville
    visage de la ville au premier âge 
    visage d'un village à l'âge d'argile
    ville sans visage
    village
    pas d'île
    ville village ville village ville village
    ville village village ville
     
    chronique de passage balancée à la volée
    feuillet de main en main à la ville colportage de village en village
    l'adage n'a pas d'âge
    cheval de bois de pentecôte à la saint jean saint troglodyte saint croquignol
    pente côte et pente route
    de mauvaise pente sans pente douce dévaler les pentes avaler les côtes
    passages cloutés des villes et des villages
    méandres alambiqués du road movy
    vision labyrinthique du village à la ville et de la ville au village
     
    rue de la ville
    rue du village
    montée descente montée descente
    les segments du mètre pliant toisant les kilomètres du village à la ville de la ville au village
    piquetage des  jours sans détail des itinéraires
    une enseigne brinquebalante est suspendue d'un côté comme de l'autre
    pentecôte  et saint machin chose
    air de boulange pogne des grands jours
    couronne d'épis fleurs d'oranger
    image sans âge et sans visage
    l'enseigne à l'allure déglinguée 
    ruelle ruelle ruelle ruelle
    chanson de halage
    en nage
     
    le tracé plonge dans la vie d'un village
    l'ascension mène aux dédales d'une ville
    errements de la ville au village du village à la ville
    pente côte  diagramme
    mouvements du diaphragme
    prise d'air halètement du convexe au concave du concave au convexe
    concave cadavérique et convexe complexe
    la feuille métallique vole au vent aile coupante  vent cinglant
    vol volage vol volage vol volage vol volage
    volage l'âge du vol au vent
    bouchées à la reine
    bouchées garnies et bouches d'égout
    grincements de la rue soupirail
    des airs de sinistrose
    tristes sirènes
     
    au village comme à la ville
    petite reine silicosée ça ça se pourrait
    elle respire mal ça ça s'entend
    elle fait pas de pause ça elle devrait
    pas de ville rose pourtant c'est dit
    pas un grand sac un tout petit
    que des babioles c'est un fourbi
    pas de chanson que des mots dits
    elle est tristoune ça c'est pas drôle
    est pâlichonne ça ça m'étonne
    fille de village qui n'a pas d'âge
    fille de la ville qui n'a plus d'île
    ville village ville village ville village
    village vil ville virage
     
    balayage ample
    du village à la ville de la ville au village
    à vol d'oiseau dans la ville sans visage pleut il
    à vol d'oiseau au village un visage
    pleure t elle
     
    à vol d'oiseau le sol mouillé
     
     
    (sous ton parapluie
    que ferais tu de ces allées et venues si tu entendais
     
    tu saisirais les rayons de la roue et à chaque tour fabriquerais un souvenir
    une chevauchée sur un vélocipède aérodynamique
    un trajet acrobatique sur une planche à roulettes ventre à terre
    des sauts impromptus d'un bord à l'autre de la rue sans coup férir
    un déplacement latéral au long des grillages avec le balancement au top pour
    prise de risque
    les pieds au mur jusqu'à ce que le sang monte à la tête
    le cri de victoire sans fin d'avant la pente dévalée
    le souffle court de ceux qui n'en finissent pas de respirer
    les stratagèmes pour se hisser avec les réserves existantes pour la bonne cause
     
    cela ne te laisserait pas de marbre
     
    tu jetterais un oeil avisé sur les moindres indices topographiques
    tu ferais un joli stock de visseries qu'on dit usagées pour des échafaudages futuristes
    tu ferais contre mauvaise  fortune bon coeur avec plus d'un tour dans ton sac
    tu bricolerais une via ferrata de secours
    tu ferais de saint et machin une fête
    tu ferais des crics avec les couacs
    tu ferais plus fort que léonard
    tu serais la vis sans fin
    la force hydraulique
    le vinci veni vici
    mon kiki)
     
     
    16
     
     
    qui a dit hélas
     
    hélas
    c'est le bât qui blesse
     
    cela vient de l'enclos du fouillis du fourré du fourre tout du tout à l'égout de l'égouttoir du panier à salades du wagon du bagou du trottoir du trop plein du trop cool du parloir de la parlotte de la glotte du dégluti de l'embrouillamini
     
    ô l'eau stagnante
    pas de joli loir qui dort par ici
    un agouti s'il en est
    l'agouti peu goûté peu goûteux peu coûteux aussi
    cela vient de la brousse broussailleuse et roussie
    l'agouti hélas est un rat qui se mange froid
    cochon qui s'en dédit
    le marigot rassemble ses ouailles
    doux noms de hyènes et de chacals
    hélas trois fois hélas
    la gazelle est aux abois
     
    et lasse
     
    en contre bas
    le lac bleu en loques en flocs en plocs
    fac similé de la faconde la facture se paiera son comptant de poèmes ma joconde
    no contrôle on ze biches

     

     
    voilà ce qui se croque
     
    ô l'eau des bois
    dans le lac de grands yeux l'on se noie
    lavis de chicorée de brou de noix
    croquis à main nue aux extraits naturels
    esquisse en pied qui perd pied
    qui est ce
     
    à contre temps
    sous les arcades les paupières
    sous les paupières les iris
    sous les iris le mystère
     
    l'ourlet des cils déjà s'abat
    trois fois hélas
    c'est là que le bât blesse
     
     
     
    las
     
    lasse
    (qu'est ce qu'un poème qui sonne
     
    un poème qui sonne les cloches
     
    clarines et campanules
    airain au beffroi
    gong)
     
     
     

     

     

     

    17
     
     
    aridité vibrante des jours de chaleur
    le temps capture des effluves de romarin d'hier et de romarin d'aujourd'hui
     
    rade ouverte aux parfums arc radieux de planète courbe panoramique de l'horizon
    la senteur des pins de bord de mer revient jusqu'au bout des mains
     
    caprices camphrés remuant dans les filets comme des algues
    sueur sur la peau des marins poudre blanche des salines aux chevilles
    marins pêcheurs marins potagers marins fruitiers marin puisatiers marins muscats
    marins à tout faire sifflotant l'air de rien
    cultures dévalant en terrasses ensoleillées
    carrières de blocs de pierre d'où naissent les sculptures
    les gestes sont chorégraphiés à flan de roches veinées d'ocres
    choeur polyphonique montant des lignées de plantes aromatiques
    extraits condensés de petits coins d'éden à l'arraché
     
    romarin de capri
    épis secs des fleurs par portes et fenêtres
     les mains s'affairent
    romarin de brochettes
    poissons morts marinés
    lapins morts cuits à point
    les grillades suivent leur cours
     
    les fenêtres sont encadrées de jardinières décharnées
    le romarin pleureur est rabougri
    prévision de quelques larmes de pluie
     
     des variétés ont des atours au destin de vent
    fragrance dans le brasier de l'été
    les tiges torses et noueuses sont au bord de la rupture
    la sécheresse embrasse la lande
     
    boomrang
    craquements des bords de terre
    affaissement lourd d'une falaise
    l'orage sec jette sa poignée d'éclairs ramifiés
    sa fricassée de bleu électrique instantané où le paysage disparaît
     
    derrière portes et  fenêtres la table est toujours dressée
    et le monde rond comme une orange se fait espérer
    beaucoup de retard pour les agapes
     
     
     
    (l'émissaire est muet sur ce monde comme il va et s'en va et ne s'en revient pas
    même pas chroniqueur invétéré
    même pas insolent  fou du roi
    même pas troubadour de rue
    même pas rapsode
    même pas conteur
    et même pas poète
     
    les mots du jour ont des racines incertaines
     
    au pied des romarins
    le vent couche les branches
    les plantes se ramifient par le bois qui touche terre
    boursouflure humide éclatement des fibres filaments blancs aux plongées souterraines
    résistance éventuelle des arbrisseaux sauvages
    lettrines végétales où se replie la lecture
    l'avenir naitrait du pourrissement
    c'est à élucider
     
    à élucider)
     
     

     

     

    18

     
    regard
    à la source 
     
    sourcils de sourcier
    focalisation sur le cours capricieux des rivières aux résurgences versatiles
     
    les ombrages se creusent où se nicher
    les coudriers s'élaguent en branches
    en batifoles élancées d'amandes fraîches
     
    au passage sillages profonds des truites sous les ponts
     
    sourcils de sourcier
    proéminence douce des arcades
    promontoire comme table d'orientation
     
    lorelei lorelei lorelei
    le loriot a le fruit rouge au bec
    friand de baies il toque au bois du merisier
    rai vif de ses percées dans les feuillées
    le loriot griotte et tombe a pic
    contra toque et lorelei
    triolets de noyaux
     
    regard
    à la source
    effraction de la  pie
    noir et blanc de l'engeance
    emportements d'ageasse et chipa chipe de volière
    le loriot en toque la pie fait pis que pendre
    pica pica de capoeira
     
    regard
    à la source
    réfraction de la lumière
    éclats dans les découpages des arbres
    bribes de chant éparpillés
     
    miroiterie à la source
    canalisation du cours capricieux des rivières
     
    sourcils ombrageux de sourcier
    murailles de briques réfractaires
    les encorbellements se gargarisent d'histoires au bord de l'eau
     
    et le colibri
    comme une miette sur la langue
    (j'ai vu des sourcils
    à la source
    je n'ai pas vu de sourcier
    je n'ai pas vu de rivière
    j'ai vu des résurgences versatiles
    les ombrages sont des ombres
    je n'ai pas vu de coudrier
    je n'ai pas vu d'amandes fraîches
    je n'ai pas vu de sillages au passage
    je n'ai pas vu de truites
    il y a semble t il un pont
    il y a semble t il des arcades
    je n'ai pas de promontoire
    je n'ai pas de table d'orientation
    je n'ai pas vu de loriot
    je n'ai pas vu de fruits rouges
    je n'ai pas vu de baies
    je n'ai pas vu de merisier
    je vois un cerisier
    je vois des griottes tomber
    je vois des noyaux
    je vois parfois une pie
    j'ai vu la capoeira une fois
    mais pas là
    je n'ai pas vu le découpage des arbres par la lumière
    je n'ai pas entendu de chant
    je n'ai rien vu miroiter
    je vois des canalisations
    je n'ai pas vu de sourcils ombrageux
    je n'ai pas vu de briques réfractaires
    j'ai vu des encorbellements
    je ne suis pas au bord de l'eau
    le colibri est une vue de l'esprit
    j'ai une miette sur la langue)
     
     

     

      19

    cut up

    cut many many many

    cut as you want et compagnies

    up hep hip hop hoquet

    h aspiré

    h h h h h 

    tu peux couper court et raser tout le reste à un poil de la fin

    ok cours toujours cours toujours cours toujours

    c'est longuet comme un jour sans pain sans chaleur sans fruits sans fromage et le coup du milieu

    sans ylang ylang sans trema sans tremolo

    so long

    mary anne hanneton

    prends ta faucille et va t en voir si j'y suis

    couci couça ha ha ha

     

    subtilités de la tirade et du tire larigo

    les échelons sans effilochade se placardent à gogo

    se plaquer à la moindre ascension

    retenir la moindre dégringolade

    la technique de l'échelle impose le corps de biais un aplomb face au vide et une absence momentanée

    le sens de la marche invite à la prudence

    cha cha cha par une nuit sans lune

    les rayons ixes sgraffitent le nocturne et posent leurs coussinets toutes griffes rentrées

    ah les tirets de la tirade

    ah h

    ah h

    ah h

    ah h

    ah h

    inspiré

     

    trois fois rien peut te mettre en joie je le sais

    quatre fois rien te rappelle les meilleurs souvenirs

    cinq fois rien et déjà tu t'éloignes des formules connues

    six fois rien tu dis sisse tu dis si pour qu'il se passe quelque chose

    sept fois rien comme sept fois les sept riens avec la blanche neige au milieu

    huit fois rien voilà que la semaine est à rallonge et s'offre un beau supplément

    neuf fois rien a du souffle entre deux flammes le temps d'une étincelle

    dix fois rien c'est explosif c'est dithyrambique c'est un ornythorinque dithyrambique alambiqué à souhait comme un chien dans un jeu de quilles

    onze fois rien les formules les plus courtes sont celles qui durent

    douze fois rien l'heure a sonné et quelqu'un a perdu ses pantoufles dans l'histoire

     

    justement mes escarpins de mariage

    mes sandales à talons avec brides sur le cou

    mes joyeuses chaussures à lanières élastiques à talons compensés de filles de mer

    mes mocassins pour orteils sensibles et déambulations légères mes brodequins aux aérations multiples aux matières trans disciplinaires aux semelles noires qui ont du cran mes chaussures aux premières de cuir amovibles mes tongs pour ongles vernissés irisés  et pas piqués des vers

    mes bottines mes bottines mes bottines mes bottines mes bottines aux laçages entrecroisés plissées juste à la cheville rebattues par les vents et marées des textiles les plus flous

    mes godasses entassées et mes pieds dans le plat

     

    dans quelle étagère

    étagère ou tiroir car dans est un espace creux

    j'erre d'un tiroir à l'autre tiroir à chaque étagère

    j'ouvre j'entrouvre je découvre de beaux fouillis gribouillis sans brouhahas

    un vide grenier à ciel ouvert d'en haut jusqu'en bas et vice et versa

    les visiteurs silencieux apposent leurs points d'interrogations

    ceci est à tel prix en dessous en dessus et par dessus le tout

    ce qui n'a pas de prix est hors de prix

    les visiteurs silencieux apposent leurs points d'exclamations

    ça s'interroge ça s'exclame ça s'esclaffe ça s'interlude ça s'élude ça se tirebouchonne ça se marmonne ça se borborygmes à qui mieux mieux

     

    bon débarras en tout cas

     

     

     

    (et ton oeil me regarde

    et ton oeil m'oblique de travers

    et ton oeil décortique l'image

    et ton oeil casse la graine

    et ton oeil s'amande vers la déconfiture

    et ton oeil se vitre et se floute

    et ton oeil se complique à plaisir

    et ton oeil me retourne les paupières

    et ton oeil s'enveloppe à outrance

    et ton oeil s'as de pique et repioche à tout coeur

    et ton oeil est de gauche et de droite

    et ton oeil contorsionne l'iris

    et ton oeil n'en a cure

    et ton oeil s'en bat le croupeton

    et ton oeil s'acrobate et se perche

    et ton oeil est plumage de jais

    et ton oeil est plumage d'autruche

    et ton oeil est pom pom pom pi dou

    et ton oeil est ping pong ding dong

    et ton oeil  est deux oeufs à la coque

    et ton oeil est  flaque pour les ploucs

    et ton oeil est tout flap et  flagada

    et ton oeil est l'ouvert sur le rien

    et ton oeil est accroché aux branches

    et ton oeil sépouvante sans bruit

    et ton oeil fait un brin d'époussette

    et ton oeil est accent lémurien

    et ton oeil s'enroule comme une langue

    et ton oeil est une bille de terre

    et ton oeil roule sa bosse sans le dire

    et ton oeil tourne de l'oeil à foison

    et ton oeil est opaque translucide

    et ton oeil me regarde et me trouble

    et ton oeil me renvoie sans un mot

    et ton oeil imagine la suite)

     

     

     

     

    20
     
    je m'entête
    je m'ancre
    dans ma tête
    je m'entête en corps
    j'ancre ma tête sur mon corps
    je me corps plus en tête
    je me corps plus encore
    je me corps à tue tête
    je me tue à m'ancrer en corps
    ah je m'encorbelle et me désensorcelle
    je m'en vaux le détour
    je m'en vais faire un tour
    je me détourne en corps en corps plus en corps bellement
    je me dénue je me dénuage  je me désombrage je me détempêtueuse
    je m'ombrelle légèrement
    je m'endentelle bellement
    la passementerie est mon ressort
    ah je passemente en corps
    je m'ancre et passemente à tue tête
    je me tue à la passementerie
    il en ressort le corps émacié
    ah ça me scie la passementerie sous ma légère ombrelle
    ah ça m'excède ça m'excessive ça m'exponentielle
    la passementerie est d'une touffeur excessive
    je m' entamponne
    je me tamponne à l'encre de violette
    je me roule en tampons à l'encre
    ah sous ma voilette je roule des yeux bleu délavé
    je tamponne ma tête sur mon corps
    ça me visse la tête sur la plastique
    le vissage ça dévisse
    le vissage ça dévisse la tête en lent dévissage
    la plastique du corps crisse sous dévissage
    la plastique s'enfle à s'époumonner et se dégonfle
    la plastique se replie dans la touffeur
    mon corpus s'essoufle
    mon corpus est tamponné de sueur
    je m'encre à la touffeur excessive
    touffeur en corps plus en tête
    touffeur à tue tête
    ah ce ressort ça me tue
    ce ressort à visser dans la touffeur plastique
    ce ressort dans la passementerie qui s'affaisse
    le ressort qui visse une tête en corps
    ah le corps qui se tue
     
    tu t'es tue à tue tête encore
    tu t'es tue en corps bellement
    le corps dans son ombre ouvragée bellement
    ton ombre elle est belle
    ton ombre en corps ton ombre en corps plus ton ombre en corps plus à tue tête
     
    ah tais toi donc tais toi donc en corps
    ah tais toi à tue tête
    ah et toi tu t'es tu
     
     
     
     
     
     
    (vois le comme tu veux
     
    la face en celluloïd au blanc des yeux livides
    l'oscillation fantasmagorique des paupières
    les membres en grand écart
    l'ossature démembrée
    l'entortillement sec des élastiques de la plastique
    la transparence endurcie de la matière sous les pics de gel et de canicule
    la froidure renvoyant l'air glaciaire
    l'écho de rien persistant au demeurant
    les traces des morsures obscures
    les extrêmités en voie de disparition sous les accoutrements détricotés
    les superpositions emmaillotées
    fardé par des dérives carnavalesques
     
    paré à la réparation
    zone d'entêtement sans queue ni tête
     
    vois le comme tu veux
    toi qui t'es tu
    dans l'instinct de conservation
    zone d'entêtement pour expertise es tête blague boulée
     
    il y a toujours un commencement à tout
    et une fin aussi)
     
     
    21
     
    début de terre
    ter de terrible territoire
    ter de terrifiants tercets
    ter de tertium tergiversant à terme
    ter de terminaison terminée de terminus terminal
    ter de terne termite en termitière ternie
    ter de terpène asphyxiant
    ter ter ter sans terzetto 
     
    et variante pourtant
    va riante en cette vallée
    va sur le terre plein
    la motte de terre la terre en mottes
    de motte en motte et monticules
    va sur monticule haut perché
    va gesticule et articule
    va et culbute
    va cul par dessus tête
    en butte au présent va sur la butte
    le présent passe de main en main de butte en butte
    va et danse et culbute 
    va et danse cul par dessus tête
    va et danse passe passe petits rats
    rouge termitière de haute lutte
    épilogue de gigue en gambettes comme baguettes
    point d'orgue en luth c'est le but
    luth luth luth guitare banjo
    kazoo kazoo yukulélé
    olé olé sus au madison en quarté
    le madison est débridé
    débridé de bridebridera et caetera
     
     
     
      (rebond de la chanson
     
    c'est un' chanson un peu bancale
    qu'avait pas l'air originale
    pour entretenir le moral
    elle s'fredonnait d'un air banal
     
    elle courait le long du canal
    tout en jonglant avec des balles
    caracolant comme un cheval
    y avait pas mieux et plus jovial
     
    c'est une chanson un peu rurale
    cultivant son jardin local
    avec fleurettes et blancs pétales
    effeuillés sur un air de bal
     
    sur le canal bien provincial
    l'ardeur vocale se f'sait la malle
    malgrè des effluves orientales
    instrumental artisanal
     
    c'est une chanson sans piedestal
    prenant la mer comme idéal
    pour de l'estival optimal
    en cargaisons fondamentales
     
    elle s'voyait sur le littoral
    faisant escale au bar royal
    offrant ses notes sentimentales
    se jouant de l'art du lacrymal
     
    c'est une chanson pas triomphale
    un air de rien des rois d'la balle
    trottant à l'allure maximale
    caracolant ça c'est génial
     
    dans ce rebond d'élan vital
    la voilà le long du canal
    pour entretenir son moral
    elle chante un petit air banal)
     
     
     
    22
     
     
     
    tu commenceras par la rose la bouche grande ouverte
     
    avec la quinzième lettre en éventail avec le son évaporé élargi par l'oralité
     
    bouche béante pas bée ni bête hanté par le rose rose
     
    tu planteras tes épines pour une épinette
     
    quel bon plan qui se pose un peu là
     
    tu tourneras 
     
    autour de la rose
     
    le nez à la retrousse
     
    corolle auréolée chantournés osés et ta mine réjouie
     
    son par effraction la blouse de coton la gorge déployée décolleté pigeonnant la collerette enchapeautée épaules en ronde bosse trémolo de la glotte
     
    au deuxième top il sera l'heure de l'embrasement 
     
     
     
    pour l'embrassement tu repasseras
     
    tas de fatras fripes fripées
     
    l'embrasement requiert le petit foisonnement d'étamines
     
    tourbillon rouge baiser dans le fondu des pierres
     
    l'ongle arraché le pied dans les grenades
     
    étranglement de sangria col aux bords cassés
     
    fraise godrons blancs rougissant dans la rouille
     
    le piquetage maladif entre les nervures
     
    traînée qui affleure rouge gorge et gorges chaudes
     
    grumeaux de frises carmen à froufrous
     
     
     
    corvée des corps engorgés
     
    parcimonie des rosiers grimpants
     
    échafaudage de tonnelles avec fleurs et fruits pour rien
     
    à la grimpette les roses roses effarouchés
     
    tourbillons creux en creux
     
    vases non communiquants
     
    la fanaison à foison
     
    inflorescences recroquevillées rabougries
     
    bigre bisque bisque rage
     
    futur aux ailes craquelées dans des bouquets secs
     
     
     
     
     
    (peau mixte
     
    mixture sèche
     
    épaisseur fragile
     
    peau déshydratée
     
    peau brute et tannée
     
    peau morte
     
    terne rugosité
     
    peau nécrosée
     
    peau de chagin
     
    peau gluante et sombre
     
    pas de pot
     
    peau rouge peau basanée peau de serpent
     
    peau de l'ourse avant de l'avoir tuée
     
    peau de balle et peau du cul
     
    cuticules
     
    rayon cuirs et peaux
     
    vieille peau
     
    derme et pis derme
     
     
     
    peau sèchée des tomates
     
    floraison de picodons
     
    et peaux de saucisson en décoration
     
    art culinaire et patibulaire
     
    vision artistique des épluchures
     
     
     
    pour extraire la magnifiscence du verbe
     
    le dictionnaire est toujours entre tes mains
     
    mon caméléon)
     
    23
     
    qu'est ce qui vole
    qui c'est qui vole
    mais qui c'est donc qui vole
    papillon vole
    bien sûr mon pillou
    oiseau vole
    pas toujours mon pillou
    abeille alors
    ça pour voler ça vole mon pillou
    guêpe vole
    laisse tomber mon pillou
    hanneton vole
    le melolonthinae pour les intimes mon pillou
    moustique vole
    oublions mon pillou
    mouche vole
    mouche bleue surtout mon pillou
    coccinelle vole
    dévore plutôt mon pillou
    avion vole
    il paraît mon pillou
    papier vole
    ça dépend mon pillou
    poussière vole
    plein les yeux mon pillou  
    chauve souris vole
    pas un oiseau
    baleine et des ailes mon pillou
    lourd alors ça vole aussi
    lourd ou léger va savoir mon pillou
    ça vole et c'est tout
    ça vole et ça retombe mon pillou tout ce qui vole retombe depuis la nuit des temps
    la nuit des temps c'est lourd
    c'est un gros mot les gros mots ça vole et ça tombe
    des averses depuis la nuit des temps
    on écope

    c'est bien connu les raccourcis feraient perdre un temps fou
    générer du généreux pas dégénéré prendrait des plombes
    les digressions les diversions les malversations les inversions les tergiversations les confusions les transfusions sont à l'honneur
    si ce n'est pas c'est donc la terre si ce n'est pas c'est donc le ciel si ce n'est pas c'est donc la mer si ce n'est pas c'est donc la brume si ce n'est pas c'est donc la poisse si ce n'est pas c'est donc la misère si ce n'est pas c'est donc la malvenue si ce n'est pas c'est donc les malmenés si ce n'est pas c'est donc les ébréchés  si ce n'est pas c'est donc les éculés
    vole te dis je

    pétunia vole
    non mon pillou
    pétunia bleu nuit vole
    non mon pillou
    pétunia bleu nuit parfumé vole
    non mon pillou
    pétunia bleu nuit parfumé étoilé vole
    non mon pillou
    pétunia bleu nuit parfumé étoilé velouté vole
    non mon pillou
    pétunia bleu nuit parfumé étoilé velouté en corolle vole
    non mon pillou
    pétunia bleu nuit parfumé étoilé velouté en corolle en batifolle vole
    non mon pillou
     
    vole te dis je et nous venge

    (dans la traversée du soleil
    des écureuils faisaient de la haute voltige
    des mésanges en étaient à la énième orgie
    des buses faisaient le guet d'un oeil perçant
    des couleuvres défiaient le bitume
    et l'homme marchant comme une sculpture
    destinait à la postérité
    des pattes de mouche
    une écriture
    de chat)
     
    24
     
    vous voilà bien poussifs dit d'un air goguenard le pédagogue en goguette
    pas de veine viennent les vents mauvais
    valse déjantée valse piquée valse à l'envers valse vaseuse à contre temps
    baraques en bartavelles broutilles éparpillées clôtures barbelées
    les lames écarquillées les interstices horrifiés
    se tisse le réseau hérissé des ramifications grésillantes
    résonance de ce qui cogne
    pas verni pas de chance pas de bol pour toute révérence
    ici et ailleurs laminage universel
    nulle part le passé simple
    le zénith au plus bas
    présent à l'appel
     
     
    mauvais filon
    reprenons le serpent de mer à son sillage
    sésame ouvre la
    la bogue l'oursin le hérisson la rascasse le moloch tous les arthropodes restent coriaces 
    l'homo textuel diphtongue l'homosexuel est un univers en soi l'homo sapiens pionce et s'enfonce l'homo érectus est un sujet épineux la femme idéale n'en parlons pas
    ou plutôt parlons des diphtongaisons de la déraison
    l'accentuation est une pointe d'exutoire notoire
    la rébellion est en ébullition
     
    la situation de la cité nous prend aux tripes
    l'aveuglement n'est pas de mise marquise
    le désensablement des autruches est une perspective
     
    quoi
    nous aurions la salamandre exponentielle l'empoisonneuse légendaire le hiéroglyphe extra polaire  il n'en resterait pas moins le retournement de la langue la bifurcation existentielle la musculation expressive
     
    vous voilà bien pensifs dit d'un air goguenard le pédagogue en goguette
    en dévers et par dessus bord sa brassée de sonorités les plus extraverties
     
     

     

     


    (leçon un
    tu prendras la cuillerée d'optimisme de saison
    leçon deux
    tu emboîteras le pas dansant des chansons
    leçon trois
    tu cesseras d'attendre plus que de raison
    leçon quatre
    tu te berceras un peu d'éphémères illusions
    leçon cinq
    tu te prendras parfois pour une impression
    leçon six
    tu  cultiveras les fleurs de la sensation
    leçon sept
    tu souriras  aux vagues de l'horizon
    leçon huit
    tu chercheras la rivière sous les buissons
    leçon neuf
    tu boiras l'élixir de la saison
    leçon dix
    tu récriras chaque matin la leçon
    pas au delà des doigts des deux mains)
     
     
    25
     

    planisphère bienvenue

    comment va la mer la mer si belle en sa corolle avec ses miettes en dedans

    si bleue si blues si mirifique si proche et si lointaine

    ses mouettes muettes

    têtes d'épingle sur la planète

    comment va t elle la belle la mer la mer veilleuse

    la mer à la merci du nautile mercantile

    mer cantile

    nosrtum barnum

    mer du mercredi de mercure et sa curie d'incuries sans merci

    mer de mes deux yeux pourris

    mer de nos dessus et dessous

    mer de l'inhumanité condescendante

    mer de penchants par dessus bord

    mer de corps flottants indéterminés

    mer de petits poissons devenus voraces

    mer de liquéfaction diluée

    mer de cimetière des éléphants acoustiques

    mer de cimetière hétéroclite aux contours devenus  de béton pittoresque

    mer de criques et de croque

    mer de assurances tous risques

    mer de ambitions sous marines ambidextres

    mer de bienpensance qui prend le bouillon sans brouillon sans repentance

    mer de bienveillant carillon englouti

    mer de corne marine défunte

    mer de conque d'outre tombe

    mer de haillons ex voto des plages

    mer de nos ruisseaux qui font les catastrophes endimanchées claustrophobes et aphones

    mer de bien vivre ensemble sans se préoccuper du reste

    mer de bien vivre ensemble après nous le déluge

    mer de bien vivre ensemble in situ

    mer de x et y ne sont plus dans le bateau

    mer de x et y sont à l'eau

    mer de noé noyé

    mer de l'image imbibée fallait y penser avant

    mer de mer rouge mer de mer noire mer de mer jaune mer de mer blanche mer de mers du sud mer de mers du nord

    mer de mal de mer mer de acculer à la mer mer de un homme à la mer mer de périr en mer mer de bras de mer  mer de bras de mer mer de bras de mer mer de bras de mer mer de bras de mer mer de bras de mer mer de bras de mer mer de bras de mer mer de bras de mer mer de bras de mer mer de bras de mer mer de bras de mer mer de bras de mer mer de bras de mer mer de bras de mer mer de bras de mer mer de bras de mer mer de bras de mer mer de bras de mer mer de bras de mer mer de bras de mer mer de bras de mer mer de bras de mer mer de bras de mer mer de bras de mer mer de bras de mer mer de bras de mer

    mer de se jeter à la mer

    à bras raccourcis

    mer de mer de moignons

    mer de  c'est pas nos oignons

     

     
    (le bien dire du bien fondé du bien être
    ça s'écrit comment
     
    un maillon
    un moussaillon
    deux moussaillons
    quatorze moussaillons
     quarterons de moussaillons
     
    baillons
    de moussaillons
     
    quel honneur mon capitaine
     
    le grand chant des aigues marines
    au fond
     
    on les met où la parenthèses
    on les met où)
     

    (à suivre...)
     

     
    andrée wizem



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  • Pierres et ruissellements

     

     

     

    Au premier voyage, il ne vit pas de quoi était fait le chemin.

    Il marchait, déséquilibré, dans la nécessité de s’orienter, sans connaître les parcelles de terre où ses pas le menaient.

    Il était chargé de mots, des sacoches de mots, entassés, empilés, enveloppés, reliés, triés, identifiés, vérifiés au sceau des érudits.

    Il les portait tous sans en connaître aucun.

     

     

    Au deuxième voyage, il regarda les éléments du monde. Il démêla les serpents des racines, il différencia les fruits des pierres rondes, il s’interrogea sur les feuilles des arbres et les milliers de feuillets qu’il avait à son dos.

    Il se laissa aller à humer, à décomposer le paysage, à tourner et retourner la nature.

    Dans le même temps, l’idée de faire vivre les mots pour nommer les choses fit son chemin puis l’habita tout entier. A ceux qui étaient enfermés dans son sac, se mêlèrent les cailloux sur lesquels son regard butait, et qui lui semblaient receler des significations palpables.

     

     

    Au troisième voyage, il consulta les écritures du monde.
    Il s’immergea dans les calendriers, les cartes, les prospectus, parfois, dans le dictionnaire et quelques atlas.
    Il se posa des questions qu’il formula par des onomatopées, des frémissements des narines et des petits signes de jubilation.
    II croisa d'autres marcheurs qui étaient occupés à regarder des choses de la nature et de l'esprit, invisibles à l'oeil nu.
    Toute cette agitation se produisait, en silence, dans la compagnie des pierres.
    Il s’enhardit à lire avec les codes établis et se confectionna des outils d’investigation : des échelles pour voir plus loin, des pelles et des pioches pour creuser plus profond.
    Il s’inventa une brouette d’archéologue, de bâtisseur, de maître d’ouvrage, pour porter son aventure.


     

    Au quatrième voyage, il prit, sur le chemin, ce qui mêlait le plus, l’air, l’eau et la terre.
    L’objet de sa découverte fut, ainsi, la fleur de molasse semblable à la rose des vents. Il en fit son sujet de recherches, sa question fondamentale. son noeud pour ne pas oublier.
    En l’observant, il saisit que le temps savait faire son œuvre et sut que la vie et la mort étaient la sienne.
    Il entreprit de marcher pas à pas et de marquer, chaque étape, d’une récolte minérale. Il accumula ainsi des voyages de galets et de coquillages, de concrétions de sable, d’empreintes animales et végétales.
    Il décida de bâtir un sens à son existence, quelque chose d'inconnu encore, qui le dépasserait. Son édifice aurait l’âge de sa naissance et de sa mort et la longévité de la matière.


     

    Au cinquième voyage, il déambula entre ses trouvailles. Puis, il survola des villages, des arbres, des tours, des temples.
    Il s’infiltra entre les pierres, dévala des traboules, plongea sous des arcades , se hissa au sommet des corniches, réapparaissant à tous les frontons.
    Il tissa des racines, fit pousser des arbres et laissa se déployer sa grande animalerie.
    Cela ouvrait les ailes, se postait au seuil des fontaines et des monuments, veillait des sentinelles, formait des pyramides avec les mollusques et les éléphants.
    Aux quatre points cardinaux, se révélaient les façades de l’univers.
    Il fit tenir ensemble les éléments disparates de la terre, trouva une place à ce qui avait une forme indéfinissable, assembla de curieuses créatures en défiant les lois de l'équilibre.
    Il mesura du regard la petitesse et la grandeur de toute chose.

     

     

    Au sixième voyage, il retrouva les mots qu’il portait dans son sac, depuis toujours. Il ouvrit des enveloppes et découvrit des messages. Il y trouva aussi ses pensées, recueillies peu à peu.
    La fragilité du papier ne lui avait pas échappé. Maintes fois, les piles de lettres qu’il était chargé de remettre à leurs destinataires, avaient pris l’eau. L’encre avait coulé, les mots s’étaient délavés.
    Il lui fallait un support d’écriture à la mesure de ce qu’il voulait transmettre : les signes de l’énergie vitale.
    Il connaissait bien la composition des roches. Il choisit celles qui résisteraient à l’effritement. Sur des pierres plates, il grava durant des années.
    Il travailla au burin comme au stylet.


     

    Au septième voyage, il abandonna ses plans, ses échafaudages et tous les brouillons de notes écrites sur des carnets.
    Pensant avoir fait de son mieux avec ses mains, il regarda les nouvelles images qu’il avait créées et se dit qu'il était temps de mourir.
    Dans son tombeau, son corps fut visité par la petite animalerie, démailloté par les racines, réduit en milliers de fragments se mêlant à la terre.
    Depuis, la pluie ruisselle sur son œuvre, sculptant de nouvelles figures.
    On y approche l’énergie de l’eau, la force des oiseaux, la placidité des fauves, la jovialité des bêtes à cornes,  la docilité des reptiles, l’exubérance des arbres, les enroulements de coquillages, le souffle du vent, la fluidité du sable.
    On y découvre des lettres disséminées pour des lectures aléatoires, configurations plastiques des nouveaux calligrammes .

     

     Andrée Wizem 


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