• Samedi 1er Juillet 2017

     

    Accessoire de cinéma

    L'éventail est replié - Trente centimètres de long environ - Quel vert - Je cherche - Pas vert sapin ni vert d'eau - Vert comme le

    vert d'une banquette de jardin en rotin peinte en vert que j'ai vue dessinée ce jour - C'est ce vert justement qui sied bien aux

    jardins- Me rapprochant de la palette proposée par wikipédia je dirais que le bois est teinté vert épinard et le tissu vert

    asperge - Car l'éventail se compose de trente languettes de bois comportant des découpes identiques jusqu'au trois quart le

    reste étant aminci comme de larges allumettes en carton plat - Les voilà rassemblées en l'extrémité inférieure tout en étant

    superposées et fixées par un genre d'attache parisienne de métal poli - Par ailleurs alors que les languettes découpées sont

    mobiles et se ploient et se déploient les extrémités sont recouvertes d'une bande de tissu couleur jus d'asperge verte qui les

    relient de sorte que cette bande fait un accordéon au gré du maniement de l'éventail - Une strie de peinture s'est arrachée lors

    de la première utilisation - Sans doute l'éventail a dû être replié trop tôt pour être vendu avant que la peinture d'une des

    languettes ne soit complètement sèche - L'éventail a été trouvé à Cuba - Par qui a-t-il été fabriqué - Je l'emmenais au cinéma

    ou au spectacle pour les moments en manque de ventilation mais il m'a été dit qu'il provoque un cliquettement désagréable -

    Depuis j'emporte avec moi un plus petit éventail dont les parties dissociées en bois exotique vernis pain doré juste percées de

    minuscules trous pour quelques motifs constituent la part inférieure de l'éventail - Ce qui fait un ensemble beaucoup plus

    ferme entre la clouterie à pointe noire qui les rassemble et la plus large bande de tissu collée dans la moitié supérieure de

    l'éventail - Ce tissu est tout étoilé de bleu canard et de blanc bleuté un peu comme ces batiks obtenus par un nouage régulier

    et serré - Procurant un brise silencieuse ce dernier accessoire a l'heur de ne pas importuner le voisinage - Le reste du temps il

    reste au fond du sac tandis que l'éventail de Cuba convient aux atmosphères moins contraintes  loin des salles obscures-


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  • bizarrerie interplanétaire


    j'avais cédé
    à cet entichement de brocante
    avoir une toile cirée du genre planisphère
    aux couleurs pastel
    j'y voyais jour après jour
    vue d'avion des points de la planète
    certainement vastes au plus près de la terre
    mais dont nul ne savait rien encore

    le jeu consistait à se débarrasser des carcans
    des lorgnettes des instruments des jargons des épuisettes des
    moufles des raquettes des coupe coupe et autres panoplies
    pour faire un sort à tout a priori

    il fallait s'exercer à ces modulations
    infinies et étranges
    qu'affectionnaient les amis de picasso himself
    badouklyorski neffdjinamar vioujztzarniep mbiam slitfa
    nomanlincolt youwiltar jetdablafful kisnedjymjoy mals
    blaoudnaoui silmou roamnataon qtoi lremi
    lurdi saxirta ko paozbefu wewewe

    cela nous menait assez loin
    les territoires vierges à l'abri des intrusions inopportunes
    gardaient leurs mystères
    c'est ainsi qu'autour de la nappe monde
    d'épaisses forêts en grottes de falaises
    d'oasis minuscules en déserts vertigineux
    de rivières souterraines en cimes arboricoles
    je pris goût aux infusions patientes
    de secrets ininterrompus

    ah
    te lier sans les lilas
    tel un pli sans multiplis
    déni de poésie
    au parfum je me délie
    âme liée
    muguet
    grignoter le pli
    un atelier sans souris
    vie qui rétrécit
    sous la plume je me délie
    lis lilas
    mue et
    ah

    ah le beau serge
    c'était donc quelqu'un
    comment chanter ses louanges
    entre seize et dix huit vers
    ne pas le laisser sombrer
    dans les limbes de l'oubli
    personne n'est hors programme
    si ce qui s'écrit se dit

    écrira qui viendra
    qui viendra verra
    s'il écrira
    sans blabla

    et
    qui
    s'en
    souviendra

    pas moa pas moa

    voilà donc l'gang du hang
    qu'ont pas trouvé d'mangues
    pour faire tanguer la langue

    dis dong hong
    ton hang
    c'est pas mes tongues
    mon bateau ivre tangue
    dans tout ce blabla dans l'rutabaga

    écrira qui swing'ra
    qui swing'ra rira
    qui vivra aim'ra
    sans blabla

    et
    qui
    s'en
    souviendra

    pas moa pas moa

    le hing et le hang
    hong
    des longues tisseuses
    entre deux lessiveuses
    c'était pas chabada nada
    c'est en sabots ho ho
    qu'il fallait franchir l'eau
    pas d'temps béni
    beni oui oui que revenir à ce pain là là

    voilà donc l'gring du hang
    qui file à tout berzingue
    entre les mots des maux

    dira qui s'souviendra
    qui s'souviendra pleur'ra
    rira bien qui rira
    le premier
    sans blabla

    et
    qui
    s'en
    souviendra
    ne viendra pas s'en plaindre

    en tout cas
    pas moa pas moa

    principe d'évasion
    ne jamais laisser de traces
    ainsi la roue tourne

    rimes à l'amour

    chanson du jour
    sans atours
    chanson d'hier
    de misère
    chanson d'galère
    sur la terre
    chanson d'rivière
    et de pierres
    chansons de pierres
    et de terre
    chanson du jour
    au secours
    rêve d'amour
    sans discours
    chanson
    j'accours
    pour faire court

    haut parleur

    le clocher touche le ciel
    les bateaux sont à bon port
    les agapanthes saturent l'ombre
    les maisons font une digue
    l'océan lèche le sable
    la marée non stop
    aube
    ou crépuscule
    ellipse pour me ravir

    en quête

    disparus de l'image dissous dans le sel
    retrouverez vous les clés jetées des parapets

    angelots d'étrangeté aux lourdes ailes cadenassées
    navigateurs de hasard
    vous n'avez pêché que souliers percés

    enquête sur l'eau
    remugles de violences
    bribes humaines ramenées au filet

    silence de métal au goût de plomb

    pourtant l'image ne laissait rien prévoir
    la baignade n'y était pas interdite
    les bateaux étaient beaux
    le sable émouvant
    toujours crissant joliment
    sous le pied

    la baie bouche bée
    au printemps

    océan étal
    miroir d'argent
    je monologue avec ma nuit
    le tutoiement est un leurre pour les poissons
    l'île
    immobile
    caillou de silence
    silence de nuit
    nuit dans la vie
    vie dans la nuit
    tangage des pensées
    fixer une île
    mus par un fil
    émergence
    infime
    à l'instant
    désir de jour
    d'inflorescences
    hanches de repos
    envisager
    l'île déserte
    l'arbre
    sur le sable
    nu
    dévisager
    le paysage


    passages de témoins
    sans tambours ni trompettes
    le mystère dans l'air s'éthère
    les ruelles ombreuses nichées sous un effilochage de nuages
    repères
    des roulades à la dérobade
    instant d'océan guettant l'instant du reflux
    labour des amours
    en boucles
    une fontaine sourd dans l'arrière pays
    tourne et retourne l'image de la plage
    le regard pris par des coquillages
    quand revient le bris de mer

    de quelle peinture se chauffer

    cette nuit
    où se cache la montagne couchée
    flanc éclairés de lavande
    coulées de résines brunes
    grandiose immergé
    dans la craie blanche de staël
    tu caresses une île sombre
    du regard
    debout à la proue de ta barque
    vacillant comme la flamme
    depuis qu'enfant
    un poster au hasard des couloirs
    a calciné ta pupille

     

    scénario entre chien et loup

    on dirait un vélo

    on dirait un vélo à pied sec pas rouillé

    on dirait un sac

    on irait un sac sans bric à brac pas éventré

    on dirait un banc

    on dirait un banc pas un ban pas de poissons

    on dirait un couteau

    on dirait un couteau sa lame en dedans rentrée

    on dirait un dérapage

    on dirait un dérapage des mirages

    on dirait un dérapage des mirages naufragés

    on dirait une sonnette rouge

    on dirait une sonnette rouge pas de sang tue

    on dirait rien d'alarmant

    on dirait rien d'incommodant pas de mouvement

    on dirait l'heure de se rentrer

    on dirait l'heure de se rentrer sans rien dire sans rien expliquer

    on dirait un jour qui finit

    on dirait un jour qui finit mal ou bien c'est incertain

    on dirait une nuit qui commence

    oui on dirait une obscurité qui s'installe une insécurité

    on dirait une histoire entre chien et loup

    on dirait bien une histoire

    qui se répète

    on dirait un vélo

    on dirait un vélo abandonné

    on dirait une crevaison

    on dirait un scénario

    pour une drôle de saison

    non

    les faits sont têtus
    comme fétu de paille
    et poutre dans l'oeil
    un peu de houle ma boule
    ne nuit pas au voyage
    seule
    la pensée s'obnubile
    quand s'oblitère la monnaie du pape
    en monnaie de singe
    histoire de remplir l'auge sans écoper
    rimbaud le tempêtueux mirage
    n'en est toujours pas revenu
    lui qui de la nuit
    en connaît un rayon

    une rivière si vaste
    qu'elle ressemble à la mer
    ça n'existe pas ça n'existe pas à ce qu'on croit
    l'îlot de rivière
    sans les saules sans ripisylve et amphibiens
    le flot de rivière
    sans bras morts
    que nenni
    quel nino quel nina
    les marins sans marinières
    quel embarras
    sous prétexte de pêche à la mouche
    par un jour de calme plat
    bien gratiné mâtiné buriné enrubanné
    chanter une ode à la truite
    sur un air de schubert
    ou de salsa
    la vie ça va comme ça
    va
    avec un tuba

     

    andrée wizem

    ...............................

    c.f. atelier en ligne précédent le festival pliant 2015


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    Impromptu à la débottée !

     

    Exposition:

    Peinture de Marie Fagué

    et

    atelier d'écriture ponctuel

    "Intérieurs"

    (nous étions une quinzaine avec les propositions d'écriture de Anna Fisher)

    le 13.10.2018

    au Cause Toujours

    Valence 26

    http://lecausetoujours.fr/agenda/atelier-decriture-autour-de-lexposition-interieurs/

     

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    Intérieur

     

     

    Suspendu

                        un souffle

                                            entre l'ail et l'oignon

     

    feuille de chou bancale

    litres de matière fumeuse

    empilement de grisaille

     

    temps de l'herbier

     

     

    A l'étendage

                            Christ de froideur

                            madone à pinces

                            rayures d'ancêtre

    alignement

                           d'une flopée

                                                    de robes et de culottes

     

     ..................................................................................................

     

    Réminiscences

     

    Ah! ça! J'en ai goûté du jambon

    de l'huile de noix plein la cruche

    dans la remise près des cochons

     

    Le passage

                         à l'évier d'angle

                         près de la verrière

    était troué de rêveries bleu de Prusse

    à cause de la fantaisie

                                               d'une faïence

     

    Au meilleur des jours?

                                                 le feu d'une bouilloire

    au pied du fauteuil rouge

                                                       volé à l'absence

    la ferronnerie débordant

                                                       sur une rue

                                                                               passante

     

     ..................................................................................................

     

    L'art de la cohabitation.

     

    La pendule n'avait pas posé de problème.

    Pourvu qu'elle marche.

    Pourvu qu'elle indique l'heure des vaches et l'heure du coucher.

    Comme la confirmation du rituel entre nous.

    La chaise rouge, non plus, n'avait pas encombré la conversation. Elle était là. Il en fallait deux. Elle, c'était la deuxième.

    Le pigment des murs! Voilà ce qui nous a valu la première querelle!

    Lui, voulait garder la teinte ancestrale, imprégnée des odeurs de soupe de sa grand-mère.

    Moi, je voulais rafraîchir le décor.

    L'idée m'était venue le temps d'une lessive.

     

     

    La lessiveuse ronronnait et les bouillonnements m'avait pincé les narines.

    De temps à autre, je touillais les draps.

    Et c'est dans une parenthèse de cet acabit que le bleu m'est apparu.

    Je versai l'eau sale et fumante dans l'évier d'angle et vins lui tenir tête dans la cuisine.

    Là, c'était mon royaume.

    Le lieu des confitures et sucreries si je le voulais bien.

    Les écumoires jouaient à l'éventail suspendus au bouton d'un couvercle rond en métal.

    Ma batterie d'ustensiles de cuisine en cuivre trônait sur le fourneau.

    Du turquoise sinon rien!

    Il se replia dans la remise.

     

     

    De là, il se laissa aller à des borborygmes pour détendre l'atmosphère.

    Il avait l'art du séchage des agapes d'hiver: jambons, noix...

    Et, pommes tapées, sa spécialité!

    Il en remplissait des bocaux, bien alignés.

    Le tout, entre deux visites au bétail dont il était le maître.

    La remise était son fatras.

    Il reviendrait avec de quoi vanter ses prouesses.

    Et nous serions quitte.

     

     

    Pour le fauteuil, c'était chacun son tour.

    La vie était bien faite.

    Les travaux du jour nous séparaient.

    Nous avions rarement, au même moment, le loisir d'une pause.

    Nous nous croisions dans le petit recoin baptisé "salon": l'un se laissait aller, quand l'autre se levait..

    Cependant, lui, n'avait pas les grâces du chat.

    Il se contentait de la bouilloire à ses pieds.

    Mais nous partagions un rai de soleil passant la fenêtre.

     

     

    Il nous arrivait de cohabiter au fourneau.

    Au dessus des marmites.

    Orchestrant le ballet des ustensiles.

    Chacun à sa place.

    Il préférait faire face à la photo d'une jeune tante religieuse et du Christ en croix qu'elle lui avait offert.

    Moi,  je plongeais dans les pages illustrées du journal que je fixais au manteau de la cheminée, pour ne rien perdre des dernières nouvelles.

    Le café passait.

    Le linge séchait.

    La pendule marquait nos temps de silence.

     

    ..................................................................................................

     

    Andrée Wizem

     

     

     

     


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    Keny Arkana

    Esquisse 3

    https://www.youtube.com/channel/UC0fFj_FgksTyPJzGoUVFBqw


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