• pivoines

    andrée wizem


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    les rêves en quenouilles
    sous les ponts file ma laine
    tissages de nuit

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    andrée wizem


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    zébrures de soleil

    la flopée des cytises tremblent

    en plongeant dans l'eau

     

    brise légère dévoilée

    aux verts criards d'un étang

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    andrée wizem

     

     


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    à la sarbacane
    s'élancer dans l'univers
    graine de genêt

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    andrée wizem

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    c.f. photo de florence white

    http://flowhite.canalblog.com/pages/envers/35329498.html


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  • 14

     

    silence

    la rue s'emplit de jupes de caracos de foulards de tuniques

    le tableau des couleurs est du genre impressionniste

    le regard plonge dans les interstices des peaux humides

    la chaleur monte en vapeur vibrante et en nappes floues

    la musique est baroque de composition contrastée truffée de doubles croches

    perdu entre les talons aiguilles et talons des bottines les escarpins cirés et sandales en lanières le lieu se brise comme le verre à la terrasse de la nuit

     

    silence

    les jeux d'eau ventilent leurs gouttelettes comme des panaches blancs

    les queues rousses s'évertuent en vols incisifs près des lampes solaires

    le puzzle des massifs s'organise dans le tournis d'une vision de toupie

    les groupes papillonnants déploient leurs conversations et butinent au gazon

    le contraste des ombres et des lumières plaque l'image dans une mise en scène au cordeau

    errant entre les cônes issus des fleurs étoilées les ailes des samares les cynorrhodons écarlates et les épis de roseaux le lieu se noie comme un nénuphar en hiver

     

    silence

    le printemps est un bleu outremer dans l'ombre des grands arbres

    l'oxygène grésille dans les branches comme un chant de criquets affairés dans les blés

    les pas craquent dans le foisonnement des chutes résineuses et les pignons brûlés

    les pommes de pin s'accrochent aux écailles de sequoïa et de cèdre et en perdent la tête

    le champêtre est dru dans le patchwork des camaïeux couturé de barrières de paille

    cherchant dans les terres d'amandes les rivières chlorophylles les sources astringuantes du thé la persistance de l'anis le lieu s'immerge comme un amphibien

     

    silence

    la colonne des insectes noirs poursuit sa quête de miellat

    l'ordonnancement des épines est un parcours de mathématiques sans résolution

    la foliole extrême a la verdeur de l'empreinte du doigt et la fragilité des limbes caduques

    l'imbroglio des pétales fauves s'ouvre en réceptacle de ciel changeant

    le ralenti se répète en une accélération étourdissante et troublante

    furetant dans les effluves et les subtilités les fraîcheurs églantines et la sauvagerie légère les douceurs de velours et l'élégance fruitée le lieu  penche comme rose sous la pluie

     

    silence

    la balançoire oscille entre le vent du nord et le vent du midi

    le terrain est creusé par les frottements des semelles freinant le mouvement

    les fleurs des saxiphrages des montagnes ont des noms compliqués difficiles à saisir

    le pourpre a des nuances claires ou sombres passant par chair rosée ou blanc de crème

    l'irruption florale est sur le mode aléatoire et reste parfois forclose

    plongeant d'un mystère à un autre  tout au long des hampes gringalettes poussées au coeur des feuilles auréolées le lieu se marbre de teintes cinéraires

     

    silence

    les lettres manuscrites sur papier jaune poussin divaguent sur le foin

    les oisillons nus tombent des nids dans l'indifférence des gens de ferme

    les canards ont couleurs de paon de toison mouchetée ou de terres d'automne

    les scènes aquatiques fourragent dans des nécessités impérieuses multipliant les ondes

    les plumes du geai ont des zébrures fantaisistes des teintes éméraude et des éclats d'acier

    nichant dans les fenaisons les bosquets les roselières les iris les étangs les mares le lieu se cherche comme une aiguille de brodeuse

     

    silence

    la ville a ses quartiers exotiques et ses marchés des quatre saisons

    les côtes passantes grimpent sur les buttes où des jardins surplombent des fleuves

    les eaux serpentines glissent entre les berges tapies sous les frondaisons frémissantes

    les nuages exubérants se suspendent aux collines de mimosa où affleurent les escaliers de pierre

    la rumeur des arrivées au port et des épopées lointaines est ponctuée de klaxons

    percevant les senteurs marines les langueurs d'océan les caresses des algues les picotis de sable la puissance de l'iode le lieu se ferme comme un bulot

     

     

     

    (que faire des silences

    sinon tenter de les mettre en musique)

     


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  • Poésie au passage 440...

     

     

     

     

     

    Titre: Entre-deux
    Etude perso: collages/feutres et craies aquarellables
    format 50 x 65

    Cliquez sur l'image puis zoomez si vous voulez

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    Venez, c'est l'heure

     

    Venez
    l'heure a sonné
    au temps des maracas

    Des marécages montent les sons mats
    des grenouilles
    s'exerçant à la danse de feu

    Féériques clapotis sans nom
    des sonnailles de l'aube

    Sonnez
    à l'heure du takatakatak sec
    des caboches évidées
    Sonnez la danse vibrante des filles de l'eau

    Course lisse étoilée
    au gré du remuement aérien
    des pianos à pouce
    Les calebasses en choeur
    recueillent le vert d'eau
    dès l'aube

    Rassemblez
    cliquetis et jolis bruits
    clochettes de graines et de cuirs
    lianes en colliers tressés
    arcades et anses
    grappes
    hochets
    rondelles sonores
    triangles aigüs aux formes aérospatiales
    loin des folklores éventés

    Osez
    C'est le moment d'en finir
    avec les creux les plus sombres
    les résonances sourdes
    le martellement des horloges insensibles
    aux espaces élastiques
    les heures striées à la fourchette
    Osez
    l'espace ouvert
    à l'aquatique
    à l'oxygène
    avec sanzas darboukas et crécelles

    Osez les rythmes anachroniques
    Osez les syncopes
    l'acoustique énigmatique
    N'ayez pas peur
    Venez
    C'est l'heure

     

    Andrée Wizem

     

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    Texte écrit lors de l'atelier d'écriture(s) inaugural de la journée festive du Samedi 25 Mars 2017 à la MQColuche
    Thème: Afrique(s) territoires d'écriture(s) et Printemps
    avec une mise en exergue de paroles de femmes
    Texte lu: "Venez braves gens" de Isabella Motadinyane - Issu du Bacchanales n°50 "Pas de blessure, pas d'histoire p 95 - Poèmes d'Afrique du Sud 1996/2013 - Edition dirigée par Denis Hirson- Collages de A.D.Sauzey - Maison de la Poésie Rhône Alpes et Le Temps des Cerises - Biennale internationale en Val de Marne


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  • "Pour décrire les fleurs d'amandier"

    Mahmoud Darwich

    (Théâtre de l'Odéon - 2007)

    Poésie au passage...Fleurs d'amandier...

    fleurs d'amandier et roses...c'est tout comme...

     

    a.w.


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    l'écureuil s'ébroue
    un lapin se carapate
    l'oiseau est perché

    aux méandres dénouées
    en plein chant biche ô ma biche

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    andrée wizem

     


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    illusions d'optique

    quand de la terre à la lune

    les oranges bleues

     

    au plus près des orangers

    oranges couleur pamplemousses

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    andrée wizem

     

     


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    antilope d'or

    les cupides étaient punis

    enfance du monde

     

     

    sous les sabots le poème

    brille ô le temps révolu

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    andrée wizem

     


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